TDF - La revue de poésie et de critique d'Angèle Paoli

Terres
de Femmes

2 mars 1977 | Valerio Zurlini | Le Désert des Tartares

Publié le :

02 mars 2007

/

Catégorie(s) :

Éphéméride culturelle à rebours



Le 2 mars 1977, Valerio Zurlini reçoit le Grand Prix du cinéma français pour son film
Le Désert des Tartares.






Ildesertodeitartari2
Le Désert des Tartares : la citadelle d’Arg-e-Bam
Source






Le Désert des Tartares, coproduction franco-italienne, est sorti en 1976 en Italie. Adapté du roman éponyme de Dino Buzzati Il Deserto dei Tartari (1940 ; trad. fr. : Michel Arnaud, Robert Laffont, 1949), dont Jacques Perrin avait acquis les droits d’adaptation cinématographique en 1969, le film, exclusivement masculin, est interprété par des acteurs prestigieux : Vittorio Gassman, Giuliano Gemma, Philippe Noiret, Jacques Perrin, Laurent Terzieff, Fernando Rey, Jean-Louis Trintignant, Max von Sydow, Helmut Griem, Francisco Rabal. La musique est signée Ennio Morricone.

Valerio Zurlini est également connu pour d’autres films plus intimistes : Les Jeunes Filles de San Frediano (1954), Été violent (1959) [un de mes films préférés du cinéma italien], La Fille à la valise (1961), Journal intime (1962, Lion d’or à Venise). Le Désert des Tartares est le dernier film de Zurlini (mort à Vérone le 27 octobre 1982).




LE SYNOPSIS

Le lieutenant Giovanni Drogo (Jacques Perrin) vient d’être affecté au fort Bastiani dont la vocation est de prévenir une éventuelle invasion barbare. Mais il ne s’est jamais rien produit de tel et les officiers sont condamnés à une attente mortelle. Qu’ils trompent par des raids et des incursions dans le désert. Le temps passe et le lieutenant Drogo, englué dans l’ennui, ne se décide pas à partir. Sa vie s’étire et se délite jusqu’au moment où la menace surgit à l’horizon. Il est trop tard : Drogo meurt sans avoir eu à combattre l’ennemi.

« Comment faire vivre des personnages représentatifs d’une humanité en quête de raison de vivre et de raison de mourir ? », lis-je dans une feuille de chou (non identifiée et non datée) glissée dans le vieux Livre de Poche de la bibliothèque de mon père.

« La découverte d’un décor fantastique en Iran (la citadelle d’Arg-e-Bam) facilita la décision et la mise en œuvre du projet cher à Perrin (producteur du film)… Le spectacle est grandiose et il relègue dans des zones d’ombre les problèmes psychologiques posés chez ces hommes confinés dans le désert, dans l’attente sans fin d’un ennemi à combattre et toujours invisible. Les rondes de nuit, la relève de la garde, les soupers en uniforme, le respect de la hiérarchie… ne suffisent plus à rompre la lassitude, à délivrer du mirage et des obsessions.

Les acteurs sont convaincants : ils ont été choisis et pour cause : Philippe Noiret, le général ; Jean-Louis Trintignant, le médecin major. Jacques Perrin sait émouvoir par le masque tragique d’un homme vieilli prématurément trompé par ses rêves et vaincu par la fatalité. »

« Nous sommes dans un désert, et il n’y a pas de possibilité de rencontre avec les Tartares ». À travers son pessimisme même, le film révèle combien sont profondément inscrites au cœur de l’homme les questions sans réponse (?) que pose le désert.





■ Voir/écouter aussi ▼

→ (sur le site du ciné-club de Caen)
une très belle fiche cinéma sur Valerio Zurlini
→ (sur YouTube) l’intégralité du film Le Désert des Tartares








Retour au répertoire du numéro de mars 2007
Retour à l’ index de l’éphéméride culturelle
Retour à l’ index des auteurs

» Retour Incipit de Terres de femmes

7 réponses à “2 mars 1977 | Valerio Zurlini | Le Désert des Tartares”

  1. Chère Angèle,
    J’ai toujours pensé que la littérature avait un pouvoir évocateur, et descriptif aussi, bien supérieur à celui de l’image, que les mots, par ce qu’il ne montraient pas, disaient en fait plus que ce que des images montraient; et bien cet extrait cinématographique de Estate violenta que vous avez mis en lien, en apporte la violente démonstration contraire.
    Vous avez bien raison d’aimer ce film, les acteurs de cette séquence que l’on regarde, ce n’est pas en voyeurs que nous les observons mais en un incroyable mimétisme, ils ne SE disent rien, aucun mot n’est là pour parler de ce qu’ils ressentent, ces mots sont inutiles… Les silences des regards y sont terriblement bavards … merci donc de me permettre de vous offrir mes regards, mes regards de photographe s’entend ! Et merci surtout de nous montrer toutes vos visions dans vos si belles Terres de femmes.

    Amicizia
    Guidu___

  2. Comme l’écrit Jean-Luc Douin dans Le Monde du 13 juillet 2006, « ces jeux d’ombres sur la maison où les futurs amants vont se rapprocher pour un slow – ô combien troublant -, sur un disque dénommé Temptation [Arthur Freed et Nacio Herb Brown], un solo de clarinette, en un corps-à-corps fébrile, joue contre joue, qui prend le spectateur au coeur, figurent parmi les scènes les plus émotionnelles, brûlantes du cinéma. »

  3. Ouchy

    Merci de cette belle photo du Cap Corse qui me donne envie d’y aller!
    Je vous souhaite une semaine agréable!

  4. Je n’ai pas vu ce film, mais je me pose la question: on a adapté Le Désert des Tartares, ce qui, à lire le livre, semble difficile… Je me demande si des romans comme Le Rivage des Syrtes ou Sur les falaises de marbre, qui ont une parenté avec Le Désert des Tartares, seraient adaptables…

  5. Bonne remarque, mon cher Alfred. Je ne suis pas certaine, pour ma part, que le pari fou de Jacques Perrin ait vraiment été tenu. Du moins si je me fie à ma mémoire. La seule adaptation de Julien Gracq qui m’ait convaincue est celle du Roi Cophetua par André Delvaux. Cela nous a donné un très beau film : Rendez-vous à Bray (1971) avec Anna Karina, Bulle Ogier et Mathieu Carrière. Une adaptation à mes yeux réussie. En revanche, le film de Mitrani (Un balcon en forêt, 1979) ne m’a pas laissé un souvenir impérissable.

  6. Au cas où tu verrais ces mots : Merci à toi João Marchante.
    Amicizia

Laisser un commentaire

Articles reliés