(hommage à Hélène Cixous)
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« A lume spento »
Dante Alighieri, La Divina Commedia, Purgatorio, Canto III.
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TDF - La revue de poésie et de critique d'Angèle Paoli
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« A lume spento »
Dante Alighieri, La Divina Commedia, Purgatorio, Canto III.
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il fallait emmener Alix chez le dentiste ou le médecin.
clem
Mais ma chère clem, Alix, c’est la vie, Awa (Eve, l’eau], la dent [l’Adam ?], c’est la mort. Entre les deux, le Purgatoire.
Chère Angèle,
N’aviez-vous pas en mémoire la dent… de Solal ?
Votre dévoué sudiste
Un des intérêts des moteurs de recherche est de pouvoir établir des relevés d’occurrence. Il en ressort que « dents » est bien un des « topoi » des écrits d’Angèle. Prenez par exemple Chair siamoise de ton corps. Déjà, Jean-François, vous vous posiez cette même question et esquissiez, au sein même de votre question, une réponse. Mais, sans « prendre le mor(t)s aux dents » et, donc, aller chercher son petit bréviaire de la psychocritique, pourquoi ne pourrait-on pas uniquement cerner le champ poétique et songer par exemple à Marie-Claire Bancquart et à Avec la mort quartier d’orange entre les dents ou (mieux ?) à Ezra Pound (A lume spento) ?
Cher Yves,
Je ne trempe pas mes madeleines dans l’eau saumâtre de Pound et connais peu MC Bancquart (le titre du recueil que vous citez me donne toutefois envie d’aller faire un tour du coté de chez elle), aussi m’est-il naturel de faire allusion à la plus célèbre (?) dent de la littérature française lorsqu’il s’agit d’ouvrir la bouche (rassurez–vous sans la moindre intention de mordre). Oui, le texte d’Angèle est poétique, une poésie onirique, mais qui se place dans le même champ que nombre de chapitres de Belle du Seigneur. Il s’agissait donc pour moi d’un compliment.
Puisque nous sommes en pleine orthodontie je vous livre quelques vers de Serge Pey extraits de Poésie publique/Poésie clandestine, le Castor Astral éd. :
( …)
Electricien maintenant
des guerres froides
Sans domicile fixe
ma guerre a toujours commencé
Vous ne pouvez voir mes grenades
Je les range depuis que je suis né
sous un bras
et une dent
Il va sans dire
que si je lève un bras
ou que je me casse une dent
Elles éclateront
entre moi et les autres
Car il va sans dire
aussi
que je les ai armées
dès que je suis né
Le jour de notre rencontre approche, je m’en réjouis.
Amicalement
JF
Allons, messieurs, vous n’allez pas vous mordre pour une histoire de canine ! Pour mettre tout le monde d’accord, il y avait sûrement dans mes décoctions de sorcière, trois gouttes saumâtres de Pound, deux de Solal et de sa Belle, une un peu acidulée de Bancquart et 15 très grinçantes de moi! Quel ego, allez-vous dire? eh, non, mes amis, c’est tout simplement que les dents, chez moi, c’est un thème récurrent. Une obsession, nocturne, surtout. Qui a vraiment la dent dure ! Je n’ai pas réussi à lui faire la peau!
Chère Angèle,
Je veille scrupuleusement au bon état de mes dents de sagesse, ceci afin de continuer à baigner ma poésie dans une sorte de cocon processionnaire que certains qualifieraient de brouillard horizontal et que moi-même nomme mol air existentiel. J’évite ainsi les élégies lactées et les assonances incisives, ce qui sans doute me permet, par nuit de pleine lune, d’offrir une mâchoire parfaitement canine aux loups qui hantent vos nuits.
Votre toujours très fidèle lecteur et dévoué sudiste
=> Cher Jean-François
« Et si nous regardions la vie par les interstices de la mort ? » (Jules Supervielle, Prose et proses [Rythmes célestes])
Amicizia,
Y
« Gardons nous de dire que la mort serait opposée à la vie.
La vie n’est qu’une variété de la mort,
une variété fort rare »
Friedrich Nietzsche,
Aphorisme 109, Mise en garde, Le Gai savoir
Je crois, cher Yves, que ce bon Jules s’est mépris, ainsi : « Et si nous regardions la mort par l’interstice de la vie ? », cela réduirait l’angle d’approche à sa juste mesure, la T/erre ur.
Toujours trompeur en effet de réduire la pensée d’un auteur à une accroche. Par respect (un peu plus scrupuleux) pour Supervielle, je vous donne un court extrait d’un des paragraphes qui prolongent le sens du titre :
« Je crois aux anges musiciens mais je les vois jouer d’un archet muet sur un violon de silence. La plus belle musique — disons Bach — tend elle-même au silence. Jamais elle ne le ride, ne le trouble. Elle se contente de nous en donner des variantes qui s’inscrivent à jamais dans la mémoire.
Tout ce qu’il y a de grand au monde est rythmé par le silence : la naissance de l’amour, la descente de la grâce, la montée de la sève, la lumière de l’aube filtrant par les volets clos dans la demeure des hommes. Et que dire d’une page de Lucrèce, de Dante ou de d’Aubigné, du mutisme bien ordonné de la mise en page et des caractères d’imprimerie. Tout cela ne fait pas plus de bruit que la gravitation des galaxies ni que le double mouvement de la Terre autour de son axe et autour du Soleil… Le silence, c’est l’accueil, l’acceptation, le rythme parfaitement intégré. »
Nous ne sommes pas loin du « A lume spento » : « tout cierge éteint » des funérailles de Manfred. Tel qu’ordonné par le pape Clément.
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