TDF - La revue de poésie et de critique d'Angèle Paoli

Terres
de Femmes

Linda Maria Baros | La porte à visage d’oiseau

Publié le :

09 février 2007

/

Catégorie(s) :

« Poésie d’un jour »



Comme_si_la_nuit_voletait
Ph., G.AdC








LA PORTE À VISAGE D’OISEAU



La maison flotte sur la bosse en pierre de l’obscurité,
sur ses écailles grisâtres, venimeuses,
montées en épi,
comme si la nuit voletait
dans un cercle de craie
et que son bruissement de lave,
semblable au déploiement d’une aile,
parvenait jusqu’à nous.

La maison, aux cheveux bleus d’antan,
trempés dans des eaux volatiles,
coincés dans la porte,
comme dans un ventilateur en teck.
Ses griffes d’alpax s’enfoncent dans la pierre !
Son bec, ensanglanté.

Tu te verrouilles de l’intérieur. Et tu ris.
Le silence sautille à pieds joints sur la poignée.



Linda Maria Baros, La Maison en lames de rasoir, Cheyne Éditeur, 2006, page 22. Préface de Patricia Castex Menier.





LINDA MARIA BAROS



■ Linda Maria Baros
sur Terres de femmes ▼

Poivre dit de Séchouan (+ notice bio-bibliographique)
Z
→ (dans l’anthologie poétique Terres de femmes)
Nœuds de voies ferrées



■ Voir | écouter aussi ▼

→ (sur Poésie maintenant) («
Le mas »que à gaz ») un autre poème de Linda Maria Baros, issu du même recueil
→ (sur Wikipedia)
un article bio-bibliographique très précis
→ (sur Lyrikline)
plusieurs poèmes de Linda Maria Baros dits par elle-même
le site officiel de Linda Maria Baros





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4 réponses à “Linda Maria Baros | La porte à visage d’oiseau”

  1. Flap … je me pose à l’appel de la porte à visage d’oiseau … puis je chante …

    *

    Le vol d’Alice

    Fol gracieux du vol de sa compagne
    Tournoyant dans l’azur frémissant de sa geste
    Il glisse aux effluves des courants admonestes
    De ce regard chaleur envahie qui le gagne

    Emporté par le chant impressionnant manège
    Il rêve des yeux bleus lui transperçant le coeur
    A l’aune de ses sens pétales de couleurs
    Emportées aux tourments en merveilleux arpège

    La valse qui s’en suit, aérienne et volage,
    Brutale et enivrante, partagé par les dieux
    Danse qui étourdit les oiseaux dans les cieux
    A fait naître un Taïr d’après un vieil adage

    Tels Icare ils se fondent au soleil des aveux
    Laissant à cette terre le soin de se complaire
    Ils fusionnent et se brûlent à la flamme des chairs
    Au sourire d’Alice d’un monde merveilleux

    *

    busard

  2. Dioscures : au vol d’Alice répond le sourire d’Alix a lume spento (« tout cierge éteint », comme pour les funérailles de l’excommunié Manfred).

  3. Communiqué de Cheyne éditeur

    Prix Apollinaire 2007 : Linda Maria Baros

    Fondé en 1941, le Prix Guillaume Apollinaire couronne chaque année « en dehors de tout dogmatisme d’école, ou de technique, un recueil caractérisé par son originalité et sa modernité ». Considéré comme étant l’un des plus importants prix de poésie en France, un véritable Goncourt de la poésie, il est décerné par un jury élu à vie à des poètes consacrés, unanimement reconnus.

    Le Prix Apollinaire 2007 a été remis à Linda Maria Baros pour La Maison en lames de rasoir, publié par Cheyne éditeur. La cérémonie a eu lieu le 16 octobre à l’Hôtel Claret de Paris, sous les auspices du nouveau mécène du prix, madame Monique Pignet.
    Linda Maria Baros, poète francophone d’origine roumaine âgée de 26 ans, est la plus jeune lauréate du Prix Apollinaire.

    Linda Maria Baros est née en 1981 à Bucarest. Elle a fait des études de Lettres Modernes à l’Université de Paris-Sorbonne, Paris IV. À présent, elle prépare un doctorat en cotutelle à l’Université de Paris-Sorbonne, Paris IV, et à l’Université de Bucarest. Elle a publié quatre recueils de poèmes, dont deux en France aux éditions Cheyne – Le Livre de signes et d’ombres (2004, Prix de la Vocation) et La Maison en lames de rasoir (2006, Prix Guillaume Apollinaire), du théâtre et deux études critiques. Linda Maria Baros est également la traductrice d’une vingtaine de livres en roumain et en français. Elle est l’initiatrice et la coorganisatrice du festival Le Printemps des Poètes en Roumanie et en République de Moldavie, la directrice de la revue littéraire VERSUs/m qui paraît à Bucarest et la secrétaire adjointe de l’Association des Traducteurs de Littérature Roumaine (Paris).

  4. cyrael

    bonjour busard, belle poésie
    qui me rappelle bien des souvenirs de duos
    entre nos plumes poétiques

    amitiés.

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