TDF - La revue de poésie et de critique d'Angèle Paoli

Terres
de Femmes

Jacques Réda | L’aurore hésite

Publié le :

24 janvier 2007

/

Catégorie(s) :

« Poésie d’un jour »



Arbres penches
Ph., G.AdC






L’AURORE HÉSITE



Les arbres penchés dans le brouillard immobile
Écoutent le cri de l’oiseau sans patrie.
On passe avec effroi par le chemin de terre :
La haute plaine au-delà n’existe plus,
Les buissons et les pierres sont en exode.
Au milieu du jardin tombé en déshérence,
La source rentre sous l’argile et pas un brin
D’herbe ne bouge. Mais on parle à mots couverts
Derrière la clôture où s’attarde l’odeur
D’un feu mouillé qui rôde. Est-ce vraiment l’aurore ?
Dans le brouillard qui s’épaissit luit le tranchant
Des faux laissées sur la pelouse obscure. Cependant,
Je marche d’un bon pas sous le cri mat de l’oiseau
Et les arbres enchaînés m’accompagnent.





Jacques Réda, Lente approche du ciel in Amen, Récitatif, La Tourne, Gallimard, Collection Poésie/Gallimard, 2002, page 43.





Jacques Réda Amen





JACQUES RÉDA


Jacques_reda_sete_20150726 (1)
Jacques Réda
Sète, festival Voix Vives de Méditerranée en Méditerranée
31 juillet 2015
Ph. ©Pierre Kobel






■ Jacques Réda
sur Terres de femmes


24 janvier 1929 | Naissance de Jacques Réda
La course
L’homme et le caillou
Testament (poème extrait du Testament de Borée)
4 mars 1970 | Jacques Réda, Il s’est mis à neiger (hommage à Jean-Philippe Salabreuil)




■ Voir aussi ▼


le site Jacques Réda
→ (sur Terres de femmes)
Bernadette Engel-Roux | Le nom des choses [Une lecture de Jacques Réda, extrait]





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2 réponses à “Jacques Réda | L’aurore hésite”

  1. Yves

    En illustration de la photo de Guidu, ces vers « très prise de vue N/B » extraits du poème « Janvier » de Jacques Réda :
    « Ce que j’aime en hiver, c’est l’élan nu des branches
    Contre un ciel sombre ou bien à peine lumineux
    Où le jour assourdit encore ses nuances
    En les mêlant de gris pâles, fuligineux,
    Pour faire avec ce noir un saisissant contraste. »

  2. Guidu

    Lisez, chers Angèle et Yves :

    Recherche____

    Cerco nella memoria futura
    un punto lontano che non sia già passato
    e che non abbia il gusto amaro
    della tristezza.

    Nel vino bagnato di me, ho sciolto,
    bevendoti

    l’ultimo vizio di nebbia.

    Voici la traduction que j’en donne:

    Ricerca ___

    Je cherche dans la mémoire future
    un point lointain qui ne soit pas déjà passé
    et qui n’aurait pas le goût amer
    de la tristesse.

    Dans mon vin noyé de larmes, j’ai dissous,
    en te buvant

    L’ultime vice de brume.

    C’est d’une certaine Beatrice Niccolai !

    Amicizia
    Guidu____

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