CIMETIÈRE CRATÈRE D’OR
Sanglé en des pâmoisons pourpres
le souffle passe puis s’efface
et glisse à l’heure du châle bleu
où tout se coule dans le feu
suspendu aux cils des errances
le crépitement des flammèches
danse et fait bruire crescendo
des mots obtus
sertis d’ailleurs
D’indicibles silences roulent
entre ses doigts sans obligeance
et musardent sans allégeance le long
de vallons siliceux
Les alvéoles de ses yeux
confins de son exigence extrême
savourent les marais ombreux
de son insatiable paresse
et de sa chair de diablesse
surgissent des frontières sans nom
source effroi
de ses dérisions
avides de sels nouveaux
et de portulans inviolés
ses incertitudes délices
exaltent en azurs saturés
les collines incongrues
de terres vénérées
peau surannée
plaintive attente
les horizons insoupçonnés
nourrissent de leurs sucs secrets
de l’absolue intransigeante
le cimetière cratère d’or
Angèle Paoli
D.R. angèlepaoli
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