TDF - La revue de poésie et de critique d'Angèle Paoli

Terres
de Femmes

Henri Meschonnic | Et la terre coule

Publié le :

07 octobre 2006

/

Catégorie(s) :

« Poésie d’un jour »



Le_jour_et_la_nuit_pendule_de_ren_laliqu
Ph., G.AdC





j’ai toutes les vies dans ta vie
je te tiens par toute la terre
je suis la nuit
pour te dormir
je suis le jour
pour te voir
et nous tournons
autour du monde
le sommeil dans la main
mais les yeux veillent
tous les yeux
sont du voyage
c’est à ne plus pouvoir
dormir
tant il fait clair
cette nuit



Henri Meschonnic, Et la terre coule, Arfuyen, 2006, page 24.





HENRI MESCHONNIC


Meschonnic_©RégineBlaig
Ph. © Régine Blaig
Source



■ Henri Meschonnic
sur Terres de femmes

[chaque instant est un nouveau visage] (extrait d’Infiniment à venir)
J’apprends une phrase qui n’a pas de fin
nous ne savons pas si
Un visage
8 avril 2009 | Mort d’Henri Meschonnic



■ Voir aussi ▼

De la poésie osmotique d’Henri Meschonnic, article d’Angèle Paoli, publié en mai 2008 dans la revue faire part (document Word)

→ (sur Lumière des jours, le blog de Jacques Ancet)
Critique du rythme





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3 réponses à “Henri Meschonnic | Et la terre coule”

  1. Venturini

    Je ne comprends pas pourquoi Henri Meschonnic est devenu désagréable avec tout le monde.

    Est-ce que quelqu’un a une réponse ?

    Ce poème subit l’influence de Ghérasim Luca. Un vrai poète, suicidé par la société, comme le grand Paul Celan.

    « Je te flore
    tu me faune

    Je te peau
    je te porte
    et te fenêtre
    tu m’os
    tu m’océan
    tu m’audace
    tu me météorite… »

    (La fin du monde / prendre corps)

  2. « je te clef d’or
    je t’extraordinaire
    tu me paroxysme

    tu me paroxysme
    et me paradoxe
    je te clavecin
    tu me silencieusement
    tu me miroir
    je te montre […] »

    Ghérasim Luca, id.,… suite

    « Comme le « doux » dans le doute
    suis-je le « son » de mes songes ? »

    Je conseille à tous ceux qui n’ont jamais navigué à l’estime (ou plutôt à l’oreille) dans la poésie de Ghérasim Luca et qui n’ont jamais été roulés par les tourbillons et ondes-rythmes de sa langue, de se procurer le double album CD édité par José Corti et Héros-Limite en 2001. Parmi des enregistrements en récital (festival de Genève et Festival de Tarascon) et des enregistrements privés (de 1969 à 1989), deux inédits, dont Vers la pure nullité et Le Tangage de la langue :

    « Des paroles douces
    et dès le départ celées :
    la conque du silence frôle celle des
    récifs… »

    PS : J’ai gardé le souvenir d’un très beau dialogue (sur France Culture) – et particulièrement chaleureux – entre Meschonnic et un autre Luca (Erri De Luca celui-là), lors de la publication de Noyau d’olive.

  3. Guidu

    TROIS ACROSTICHES DU « MERCURE »

    trouvés sur la toile

    I
    Message
    Egaré
    Retrouvé
    Comme
    Un
    Royaume
    Enseveli

    II
    Mon
    Eternel
    Retour
    Coagule
    Une
    Rose
    Évanescente

    III
    Mon
    Etonnement
    Reste
    Car
    Une
    Reine
    Émerge

    Amicizia
    Guidu _______

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