RAGE D’OR

Ouverte sur le maquis
et sur le ciel
l’immensité déploie
l’ample éventail de sa courbe
infinie
j’écoute
le frémissement d’or
des feuillages
chênes-liège et arbousiers
le tressaillement crêpelé
d’une aile d’oiseau noyée
dans les branchages
le crépitement tiède
de la pluie asphalte
lourd de chaleur
arbres et page blanche
en contrebas
le râle sourd
de la mer
invisible
un avion trace sa ligne
dans l’infini
du ciel
son vrombissement régulier
que rattrapent et couvrent
des grondements lointains
peu à peu rapprochés
auréoles de lumière
taches et boursouflures
zébrures et fulgurances
cloques plus sombres
sur la page d’encre
essaim des rumeurs
fusion précipitée des bruits
et des couleurs en mouvance
vastes étendues noires
reflets moirés de deuil
des jours d’orage
sur le large
rage d’or
prisonnière
dans sa cage
il pleut
comme
je pleure.
Angèle Paoli
D.R. Texte angèlepaoli

Ph, G.AdC
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