TDF - La revue de poésie et de critique d'Angèle Paoli

Terres
de Femmes

Angèle Paoli | Écorchée

Publié le :

03 juillet 2006

/

Catégorie(s) :




Tte_membre_tronc
Image, G.AdC




Écorchée

Solaire malgré tout
ta vision
hallucinée

dépeçage ordonné du corps
dispersion
tête membre tronc
os et peau enfouis
au pied de l’arbre de l’enfance
clavicules tibias
cubitus et rotules
flexibles ligamenteux
articulations charnières

équitablement répartis
autour du pédoncule ligneux
de l’arbre protecteur

platane bienveillante déité
de tes enfances solaires
ancré en son centre
et toi sacrificielle
officiante
des jours rebelles
larmes et confidences
offertes aux racines
offrandes terrées déterrées
au géant ocellé solide et sûr
silencieux

excavations secrètes
ricanements jivaros
de celui qui

tête assomptionnelle

gravite dans les airs

rictus limpide
de Laforgue

ressuscité.

Angèle Paoli
D.R. Texte angèlepaoli



Retour au répertoire de juillet 2006
Retour à l’index de la catégorie Zibal-donna

» Retour Incipit de Terres de femmes

11 réponses à “Angèle Paoli | Écorchée”

  1. Et rêve la chair des enfants de Fragonard

  2. double je

    une pensée pour toi particulièrement aujourd’hui…

  3. Y

    =>double je. Je transmettrai. Angèle est actuellement dans le TGV entre Paris et Marseille. Elle est en liaison régulière avec moi.
    Très amicalement,
    Y

  4. une vision à la fois paisible et
    terriblement effrayante
    dans sa simplicité très ordonnée
    beauté de l’arbre ocellé
    beauté

  5. Guidu

    Connaissez-vous L’Écorché de Damien Hirst ?

    Amicizia
    Guidu ____

    Lire aussi : Damien Hirst : De l’Art ou du cochon ? par Raphaël Turcat.

  6. Una forte suggestione celtica pervade questi versi che mi colpiscono profondamente, un grande desiderio di vederti… e un abbraccio
    rita

  7. Pascale

    Oh oui, on connaît Damien Hirst et ses vaches ! Provocation, génie, imposture … Tout cela et plus encore qui fait depuis des années couler beaucoup d’encre outre-manche.
    Amitiés,

  8. => Yann, c’est vrai, « Il est des parfums frais comme des chairs d’enfant »… Je n’y avais nullement songé en écrivant ce texte ! J’ai peut-être des talents d’ogresse cachés !

    => Double je, merci de penser à moi, mais sois rassurée, je suis entière, enfin je crois !

    => Viviane, je pense que la vision est devenue finalement paisible parce que j’ai réussi à la cadrer, à soumettre les images à un ordre pacificateur. C’était aussi ce à quoi s’employaient les prêtresses d’Isis.

    => Guidu, Cavaliere, j’aurais dû être chirurgienne-plasticienne ! Les écorchés des leçons d’anatomie m’ont toujours fascinée, j’ignore pourquoi. Soulever la peau pour voir ce qu’il y a en dessous, pour voir comment ça circule… Je ne connaissais pas Damien Hirst. Merci de me l’avoir fait découvrir. Mais je crois que le travail d’Orlan m’impressionne davantage encore. Quant à savoir si c’est de « l’Art ou du cochon », je suis perplexe. Disons que toute expérience des limites m’intéresse, dans le domaine de l’Art comme ailleurs.

    => Rita, Strega, grazie per la tua interpretazione celtica della mia scorticata. Ti scrivo presto.

    => Yves, merci d’accepter de jouer le « go-between » en mon absence. Cela m’est très précieux.

  9. Guidu

    Voici une traduction italienne de ce poème :

    L’ONDA

    L’onda sui tuoi passi è passata
    ha di te tutto cancellato
    le lacrime del passato
    ha accarezzato e arrotolato
    con un rovescio d’onda
    portato via
    le tue paure le tue speranze di sale
    presi nel suo girotondo
    e smembrati

    Il tempo il tempo ti ha spargetata
    con un colpo d’ala ti ha rapita
    franti i sogni le tue felicità
    hanno sfuggito in un acquazzone
    la luna la luna vaga
    col suo velo ti ha sfiorata
    il riso pazzo di una ghiandaia beffarda
    ti ha lasciato cader in un altrove
    la vita la vita tua di trapassata
    giace a pezzi
    sotto il frascato

    De qui est elle ? Héhé, de Angèle elle-même !

    Amicizia

  10. Grazie, Cavaliere, on ne peut rien vous cacher. Mais je vous ai débusqué moi aussi, improvisamente, chez notre amie del Sud ! Rassurez-vous, j’adore!
    Angela

  11. rita r. florit

    Scorticata

    Solare malgrado tutto
    la tua visione

    allucinata

    smembramento ordinato del corpo
    dispersione
    testa arto tronco
    ossa e pelle nascosti
    ai piedi dell’albero dell’infanzia
    clavicole tibie
    cubiti e rotule
    flessibili legamentose
    articolazioni cerniere

    equamente ripartite
    attorno al peduncolo legnoso
    dell’albero protettore

    platano deità benevola
    delle tue infanzie solari
    ancorato al suo centro
    e tu sacrificale
    officiante
    dei giorni ribelli
    lacrime e confidenze
    oblazioni sotterrate dissotterrate
    al gigante ocellato solido e sicuro
    silenzioso

    scavi segreti
    ghigni jivaros
    di chi
    testa assunzionale
    gravita nell’aria

    rictus limpido
    di Laforgue

    resuscitato

    Traduction inédite en italien de Rita R. Florit et d’Alfred Riponi

Laisser un commentaire

Articles reliés