TDF - La revue de poésie et de critique d'Angèle Paoli

Terres
de Femmes

Angèle Paoli | All blues

Publié le :

16 mai 2006

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Catégorie(s) :



All_blues
Aquatinte numérique, G.AdC







ALL BLUES



L’Azur se courbe

et devant ton œil
bleu déclin
le baume cerisier blanc
savamment décline
de tes caresses
sa rhapsody
in blue

stompin’at the Savoy
le pianiste
aux doigts de cristal
étire de Bessie
des langueurs désirables
pianote
tempo blasé
les notes désenchantées
de saveurs oubliées

le blues
ronge ton âme esseulée
songe
à la lenteur du temps
qui s’écoule
se délasse et s’enlace

tandis qu’au ciel
glisse un long goéland
qu’au firmament
passe la trace
ardeur
de tes rêves brûlants




Angèle Paoli, Noir écrin, A Fior di carta, Barrettali, 2007, page 26.



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7 réponses à “Angèle Paoli | All blues”

  1. Des résonances, Angèle, et tout ce qu’il faut d’écarts-jazz, avec un des récents textes de « poésie mode d’emploi » dont je vous recopie le début…

    BLEU QUE JE T’AIME BLEU

    Le Bleu ce n’est pas que le blues
    j’écoute Mingus
    Le Bleu ce n’est pas que le bleu des pleurs
    je lisais Venaille- pourquoi tu pleures ? dis – parce que le ciel est bleu
    Le Bleu ce n’est pas que la grenouille de Spinoza et sa réalité intrinsèque La grenouille de Perros au fond d’un lavoir breton
    …..
    (8 mai 2006)

  2. Guidu

    Merci chère Angèle, pour cet œil bleu (de Klein), déclin …accompagné de ce génial Michel Petrucciani !
    Votre Rhapsody in blue est une bien belle suite à :

    “ …Ca commence tout doux. Puis d’un seul coup le mouvement s’accélère, le piano prend de la vitesse. Kenny est couché sur le clavier, ses doigts volent, s’entrechoquent. C’est la défonce totale. Le piano vrombit de toutes ses fibres. La salle comble vibre. Les respirations sont suspendues au-dessus du sol. Les applaudissements fusent selon un rituel qui dessine peu à peu ses formes. La bière coule à flots. La lumière bleue avale les cercles de fumée blanche qui montent au plafond. Demain, tard dans la nuit, ce sera Tommy Flanagan. Au Blue Note. She loves New York…!

    que vous écriviez dans TdF le 28 novembre 2005.

  3. Chère Angèle,

    Voici de Jolyon Derfeuil :

    Part 7_____
    Je rêve de foutaises et de soleil
    Et de sax rutilant
    Et de cravate en soie
    Toujours mieux que les boutons blues
    Le petit matin
    C’est pour le rappel
    Après, je vais me rouler sur le comptoir
    Je flinguerai jusqu’à l’aube de la 17ème rue
    Pour réviser mes jobs
    Et mes liasses de dollars
    Orgies sous Brooklyn
    Les pas doux des léopards
    Qui se cachent sous les voitures
    Misère du jazz, foutaises
    Tous près, les échos d’une bagarre
    Les couteaux cruels
    Qui se nettoient dans le sang
    Je me lave aussi
    Un nuage sur la nuque
    Mais qui a parlé de poudre blanche ?
    Je me souviens que tous les matins
    Charlie Parker, Charlie
    Faisait toujours son lit…

    Et votre All blues aussi!

    Amicizia
    Guidu___

    Ps : lire les Free Jazz Poems de Jolyon Derfeuil

  4. Vivement New York, caru Cavaliere, que je puisse enfin retrouver le tempo !

  5. Another way of Blues, from Chet Baker… pour ta maisonnée sous le bleu…
    ____________________________

    I get along without you very well, of course I do

    Except when soft rains fall and drip from leaves, then I recall
    The thrill of being sheltered in your arms, of course I do.
    But I get along without you very well.

    I’ve forgotten you, just like I should, of course I have;

    Except to hear your name, or someone’s laugh that is the same.
    But I’ve forgotten you just like I should.

    What a guy! What a fool am I?
    To think my breaking heart could kid the moon.

    What’s in store? Should I ‘phone once more?
    No, it’s best that I stick to my tune.

    I get along without you very well, of course I do;

    Except perhaps in pring, but I should never think of spring
    For that would surely break my heart in two.

  6. Yves

    « I Get Along Without You Very Well », Version Frank Sinatra.

  7. BLEU

    Dans tes rêves il reste un éclat de moi
    Une perle d’eau, d’ocre enracinée
    C’est comme le vent triste image à tes cotés
    Je suis un nuage bleu amoncelé

    Bleus des tempes protégées
    Qui traînent leur lot de masques envisagés
    Comme des dentures apprivoisées

    Bleus des lampes allumées
    Qui cassent le temps des rêves enrubannés
    Comme des luges blanches à glisser

    Bleus des draps sur toi posés
    Qui habillent nos corps de sève
    À prendre les mains levées

    P

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