TDF - La revue de poésie et de critique d'Angèle Paoli

Terres
de Femmes

Carole Darricarrère | Je coupais souvent à travers champs

Publié le :

27 avril 2006

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Catégorie(s) :

« Poésie d’un jour »



Carole_darricarrre
Ph., G.AdC






IV


Je coupais souvent à travers champs, dénombrant
les accidents de terrain,
nomade, arpenteur, guetteur
d’horizons et de signes, si je marchais
en ligne droite, qu’atteindrais-je ?

Un peu de ce secret qui recule sous chacun de nos pas ?
ce lieu que l’on pressent en dehors de soi
alors même qu’il se pourrait bien qu’il réside
dans ce seul déplacement, mouvement vif, qu’est la quête ?
l’eau, rinçait le paysage.

Qui se composait d’un ensemble de roches, d’apparences
variables,
aussi variables qu’un haut-ciel de nuages,
ou qu’un horizon de visages, saisis à l’altitude des rêves,
des couleurs, giclaient, hors leur gangue sèche, particulièrement
des ocres.

Je me couchais pour prier, à même l’argile, qu’un ange existât
qui me guide, survenait un chien
dont l’apparence laissait clairement entendre
qu’aucun homme jamais ne lui avait emboîté le pas.

Son regard
glissait sur le mien, probablement
pour en apprécier la profondeur


Tout en bas, sonder le cœur…



Carole Darricarrère, Rouge, Livre 1, IV, Tectonique des plaques, Une rupture, Éditions Comp’Act, 2001, pp. 69-70.





CAROLE DARRICARRÈRE


Carole Darricarrere
Source




■ Carole Darricarrère
sur Terres de femmes

[Bleu est un chemin d’ambiance dans le rouge] (extrait de Beijing Blues)
Les doubles jeux du (Je) (note de lecture d’AP sur le recueil Le (Je) de Léna)
Élévation du feu
Face à face avec mes mains
Imagine qu’un matin… (notice bio-bibliographique)
Nous vécûmes
→ (dans l’anthologie poétique Terres de femmes)
Ulysse (Joyce remixed)
→ (dans la galerie Visages de femmes)
le Portrait de Carole Darricarrère (+ un extrait du recueil Demain l’apparence occultera l’apparition)






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6 réponses à “Carole Darricarrère | Je coupais souvent à travers champs”

  1. définitivement belle cette « terre de femmes »… je m’y sens bien, comme si j’étais en Corse:)

  2. Heureuse et très émue , allegra, que ces Terres de femmes soient « aussi » votre port d’attache. « Définitivement » belles ? Et que faites-vous de la marge d’incertitude de toute terre îlienne, dont les frontières sont par dé-fini-tion in-dé-finies ? Allegra, ma non troppo 🙂

  3. C’est justement l’incertitude de toute île qui me plaît. Ça devient un paradoxe et voilà une autre chose qui m’attire.
    « longs et
    lointains
    sont les vers
    d’un poète insulaire »

  4. Allégretto (Expansion)

    « Ce matin Sisyphe a fait rouler sa pierre un peu plus tôt, et un peu plus vite qu’à l’accoutumée.

    Lorsqu’elle se fût stabilisée, à une distance qui lui parut soudain amicale,
    Sisyphe lui tourna le dos, examinant l’aube aux doigts d’orfèvre, tandis qu’elle ciselait de ravissants sommets.

    Pour rejoindre le texte, il n’y a pas d’autoroute se dit-il.

    Il faut se frayer un chemin de brodeuse à la main les yeux bandés et sans urgence. »


    Carole Darricarrère, Tectonique des plaques, page 137.

  5. belle réponse…
    je m’appele ângela 🙂

  6. La réponse est chez vous… et en WMA.

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