TDF - La revue de poésie et de critique d'Angèle Paoli

Terres
de Femmes

Albane Gellé | il y a toujours dans la nuit un homme

Publié le :

23 avril 2006

/

Catégorie(s) :

« Poésie d’un jour »



Albane_gell
Image, G.AdC







[IL Y A TOUJOURS DANS LA NUIT UN HOMME]



il y a toujours dans la nuit un homme qui
ne dort pas qui regarde le ciel ou ne
regarde rien un homme épargné partout
ce noir qui ronge un homme n’importe
qui un homme qui se sent plus vivant que
le jour et la nuit réunis cet homme est déjà
mort ou n’est pas encore né peu importe
il est assis par terre et ne demande rien




Albane Gellé, L’Air libre, Le dé bleu, 2002, page 15.





ALBANE GELLÉ



■ Albane Gellé
sur Terres de femmes

[Peut-être que j’en ai un peu marre de la poésie]
Patricia Cartereau & Albane Gellé | [Verrons-nous les mondes de la nuit | se lever] (extrait de Pelotes, Averses, Miroirs)



■ Voir | entendre aussi ▼

→ (sur Remue.net) un
dossier auteur Albane Gellé
→ (sur Encres vagabondes) une
fiche de lecture de Cécile Oumhani sur le recueil L’Air libre d’Albane Gellé
→ (sur Terre à ciel) une
notice bio-bibliographique sur Albane Gellé (+ extraits)
→ (sur Franco Semailles)
une autre fiche bio-bibliographique sur Albane Gellé + un article
→ le
Portrait d’Albane Gellé par la photographe Dominique Houyet
→ (dans la Poéthèque du site du Printemps des poètes)
une fiche bio-bibliographique sur Albane Gellé (que l’on peut aussi écouter en cliquant ICI





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6 réponses à “Albane Gellé | il y a toujours dans la nuit un homme”

  1. Flap … l’oiseau se pose et dépose… un petit rien !

    *

    Lassé, lascif, aux sources attitudes
    Je me plonge au dévers d’un songe qui m’émoît
    Ame fleur azalée couleur de plénitude
    Fébrile émerveillé par tes yeux qui chatoient

    Mes sentiments en germes soudain se cristallisent
    De douceurs caramel fondant si chocolat
    Qui grillent en effluve d’ardeurs et catalysent
    Ces gestes déplacés onctueux de là-bas

    La perle de sueur qui file sur ta peau
    Marque de mes regrets l’éclat incomparable
    De cet effleurement si vibrant et si chaud
    Tremblements délicieux vraiment inénarrables

    *

    busard

  2. Flap …

    … l’oiseau ne passe pas souvent, il est vrai … il ne s’implique pas beaucoup aussi … il dépose peu … mais il essaye de préserver le lien … avec ce site et ses occupants …

    ceci pour dire qu’un ti commentaire aurait été 5 pas !

    … mais bon je demande ce que je ne fais pas moi-même alors …

    busardement

  3. Edith

    T’inquiète busard, on lit,
    on apprécie même,
    reviens donc te poser…

    Mais le fondant de caramel au chocolat
    pour être apprécié demande beurre salé
    va faire une virée du côté de Guérande
    et tu verras alors les langues se délier

    La fleur de sel ramassée des marais rappelle
    à l’homme vif le goût du j’aime-tant-créer
    et même Yves qu’ici semble s’y connaître
    ne pourrait retrouver à ces vers d’autre maître

    NB : au menu de ce soir, pommes de terre nouvelles à la fleur de sel

  4. Yves

    Cornegidouille, en bon avocat de Tréguier (« advocatus sed non ladro » dit la devise du saint patron des avocats « qui en dit long » sur l’époque… et peut-être aussi sur celle d’aujourd’hui), je peux dire qu’il n’y a pas photo pour la fleur de sel. Celle de Camargue ne vaut pas celle de Guérande. Pour le beurre salé, je suis plus hésitant. Pas pour le beurre salé dans le caramel fondant évidemment, mais pour le barattage. Le barattage (à ne pas confondre avec baratin) du beurre des Charentes me semble plus délicat. Je crois que Surabhî, la vache d’abondance, serait d’accord sur ce point. Pour les alexandrins, c’est parfait, même si je regrette l’absence de coupe à l’hémistiche du premier vers. Mais il était difficile d’écrire : « Mais le fondant de cas ramelle au chocolat ». Ah, si le ramellage se rapportait à notre plumage, nous serions les phénix des hôtes de ces toits !

  5. Merci …Edith !!!

    … pommes de terre à la fleur de sel … miam

    bon le mien serait plutôt celui des salins du Midi ou d’Aigues-Mortes … celui de Guérande n’est pas mal non plus …

    au fait … personne ne m’a demandé où pouvait être ce « là-bas » ?

    busardement

  6. Edith

    J’aimerais ramener cette conversation sur Albane Gellé; non que je m’ennuie de vos commentaires, bien au contraire. Mais parce que cette référence, qui n’est pas la première que je rencontre sur l’œuvre d’Albane Gellé a attisé ma curiosité. Et petite souris devenue, me voilà les mains remplies de son recueil: Je te nous aime. Je ne peux résister à l’envie de vous en faire partager un extrait :

    « elle
    en se retournant a vu, sans personne
    autour, des pas dans le sable qui
    rejoignaient les siens, s’en souvien-
    dra toujours.

    il
    dit que c’est aujourd’hui la saison
    de sourire. Souriante elle ne dit rien. »

    Je te nous aime, Cheyne édition, pp. 70-71.

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