![]() « La bocca si ferir di bacio ardente » Aquatinte numérique originale, G.AdC MADRIGAL DI NETTARE AMOROSO Di nettare amoroso ebro la mente, Rapto fui, né so come, in chiusa chiostra, E due belle d’Amor guerriere in giostra Vidi con l’arme ond’egli è si possente; Vidi che in dolce arringo alteramente Fer pria di lor beltà leggiarda mostra, Poi movendosi incontra ove s’innostra La bocca si ferir di bacio ardente. Suonar le labbra e vi restaro i segni De’colpi impresi. Amor, deh, perché a voto Tant’arme e tai percosse usar da scherzo ? Provinsi in vera pugne e non si sdegni Scontro l’amante. Amor, me, tuo devoto, Opponi a l’una o fra le due fa terzo. EN VOYANT S’ENTREBAISER DEUX DAMES L’âme enivrée d’un nectar amoureux Je fus ravi (mais comme ?) en close terre Où joutaient deux d’Amour belles guerrières Avec ces armes-là qui le font victorieux. Dans cette double lice, et d’air altier, Les vis d’abord se pavaner, badiner, Puis, s’avançant, où la bouche carmine, Se blesser toutes deux d’ardent baiser. Leurs lèvres résonnèr’et des fendants Resta la marque. Ah, mais, Amour, pourquoi User par jeu de ces plaies, de ces armes ? Ne dédaignons un vrai combat d’amants ! Amour, moi, ton dévot, fais que je m’arme Contre une d’ell’- ou les deux à la fois. Torquato Tasso, Rimes d’amour, Livre II (Pour Laura Peperata), n° 183, in Le Tasse, Rimes et plaintes, Poésie Fayard, 2002, pp. 64-65. Poésies choisies et traduites de l’italien par Michel Orcel.
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TORQUATO TASSO ![]() Alessandro Allori (1535-1607), Portrait de Torquato Tasso, 1585-90 Huile sur toile, Galleria degli Uffizi, Florence ■ Torquato Tasso sur Terres de femmes ▼ → Comment l’amour vient aux bergers et bergères → Tacciono i boschi e i fiumi ■ Voir aussi ▼ → 15 mai 1567 | Naissance de Claudio Monteverdi (+ « Ecco mormomar l’onde » de Torquato Tasso) |
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