TDF - La revue de poésie et de critique d'Angèle Paoli

Terres
de Femmes

Angèle Paoli | Bleu de Prusse

Publié le :

08 avril 2006

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Catégorie(s) :

Topique : Bleu



Bleu de Prusse
Ph., G.AdC







BLEU DE PRUSSE



Le ciel par-dessus les toits s’étire
pourpoint doré de Magellan du haut de Sirius
Il contemple son visage halé de comète source claire
son corps délié qui sinue sous les vents tièdes d’Orient
sa traîne filante mille éclats qui draine son incandescence


Il est temps, dit-il, de restaurer le printemps
de réinventer les dunes célestes
de chanter l’énigme des attentes éperdues
de rendre à leur légèreté initiale les mots
de tisser l’instant des épousailles sous la lune


le soleil incertain ose quelques rires sur ces impromptus
mais rôdé à ces battements de cœurs
il sourit à ces fantaisies d’un mode mineur
d’un temps autre d’une autre ronde sidérale


dédaigneuse elle lance son désir au firmament
poursuit ses chimères folles
devine la soif des hydres insatiables
devance en jubilatoires inventions
les divinités lasses


et lui pourpoint doré de Magellan
il proclame la guerre aux sentiments informes
s’abreuve aux rêves insulaires
pourfend ses inconséquences
récuse l’inaccessible divague au-delà
des formes du plausible et des appels
de l’infini


hors d’haleine ils s’arrêtent


aux abords du fleuve séculaire
une hermine furtive dépose sa trace
dans les méandres de silice
une fouine pas feutrés
se faufile dans leurs hésitations


officiants silencieux ils présentent leur offrande à l’étoile


une majuscule pour ornementer chaque vers
un soupir posé entre deux notes
un respir pour alléger la phrase
une larme salée lune fertile
pour enluminer la page
d’eau pure


bleu de Prusse




Angèle Paoli
D.R. Texte angèlepaoli



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3 réponses à “Angèle Paoli | Bleu de Prusse”

  1. Guidu

    AUTOBIOGRAPHIE DU BLEU DE PRUSSE _____
    de
    FLAIANO ENNIO

    Littérature Italienne
    Éditeur : GALLIMARD
    Parution : 01/1992
    Collection : LE PROMENEUR
    ISBN : 2070725219

    CE QU’EN DIT L’ÉDITEUR :
    « Le Bleu de Prusse hait les mystiques et la xylographie, tient de sa mère une certaine ténacité, partage avec son frère (le Bleu Outremer) le goût des personnages faibles et des compagnes équivoques, lit Schopenhauer et s’en trouve mal, avoue sa partialité et son horreur des médiocres… D’alibis en faux-semblants, de fictions en anecdotes, d’aphorismes en fables désabusées, Flaiano poursuit ici son autoportrait indirect, livrant feuillet, page de carnet, note, aperçu fulgurant : autant d’ébauches, d’esquives, de rendez-vous en apparence manqués, de tortueuses dissipations qui finissent pourtant par constituer une œuvre unique en son genre et à dresser la carte d’une identité fuyante – celle d’un ironiste lucide qui passa son existence à faire mine de s’émerveiller de tout dans la lumière dorée des fins d’après-midi romaines. »

    ________________________

    Puis VERLAINE/POEMES SATURNIENS

    Une grande dame

    Belle  » à damner les saints « , à troubler sous l’aumusse
    Un vieux juge ! Elle marche impérialement.
    Elle parle – et ses dents font un miroitement –
    Italien, avec un léger accent russe.

    Ses yeux froids où l’émail sertit le bleu de Prusse
    Ont l’éclat insolent et dur du diamant.
    Pour la splendeur du sein, pour le rayonnement
    De la peau, nulle reine ou courtisane, fût-ce

    Cléopâtre la lynce ou la chatte Ninon,
    N’égale sa beauté patricienne, non !
    Vois, ô bon Buridan :  » C’est une grande dame !  »

    Il faut – pas de milieu ! – l’adorer à genoux,
    Plat, n’ayant d’astre aux cieux que ses lourds cheveux roux
    Ou bien lui cravacher la face, à cette femme !

    Amicizia
    Guidu ____

  2. Baudouin Pfersdorff

    Aux errances informatiques (j’allais cherchant en quoi un village désuet avait pu être jadis « capitale du Bleu de Prusse ») – et c’est toujours pareil : il n’y a que quand un texte poétique s’y détache que l’écran électronique reprend vie. Comment survivre en rire et légèreté, malgré les hydres insatiables ?

  3. Guidu

    BLUES INDIGO
    ECOUTER
    (Paroles: David Mc Neil / Musique: Julien Clerc)

    Persans, gouttières ou mistigris,
    Si la nuit tous les chats sont gris,
    Les hommes aussi sont tous égaux
    Quand tombe cette chape indigo.
    Ciment de poussière et d’ennui
    Qui descend autour de minuit
    Sur les pavés, les quais de gare,
    Les arrivées, les cases-départ
    Des jeux de l’oie perdus d’avance
    Quand les dés roulent sans qu’on les lance…
    Sans quand les lance…

    On fouille aussi dans les poubelles
    Des souvenirs, on se rappelle
    Des princesses et des cendrillons,
    Des éphémères, des papillons
    Qui tournaient dans les abat-jours
    De nos palais de rois d’un jour.
    On se bat dans les terrains vagues.
    Eux font leurs griffes, on fait des tags
    Et des marelles, mais pas de chance,
    La boîte tombe pas où on la lance,
    Où on la lance,
    Où on la lance…

    Chat des palaces, voleurs, voyous,
    Des favelas ou du bayou,
    Qu’on soit Mozart ou John Coltrane,
    C’est toujours le même blues qu’on traîne.

    Faudrait, sur la carte du Tendre,
    Des Touaregs pour nous attendre,
    Quelques repères et des sherpas,
    Des guides, des boussoles, des compas
    Ou des Livingstone dans nos jungles,
    Moins de foin, un peu plus d’épingles,
    Des camions entiers d’amoureuses,
    De mygales, de mante-religieuses,
    Que nos appels aux ambulances,
    Elles les entendent quand on les lance,
    Quand on les lance,
    Quand on les lance…

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