TDF - La revue de poésie et de critique d'Angèle Paoli

Terres
de Femmes

Hélène Dorion | Par tant de visages, j’entre

Publié le :

07 mars 2006

/

Catégorie(s) :

« Poésie d’un jour »



Espace bref
« l’espace bref où le rêve surgit »
Ph., G.AdC







PAR TANT DE VISAGES, J’ENTRE



Par tant de visages, j’entre
en mon visage.


Lente figure des ans
que nous révèlent les lunes
– lentes cavités des heures.

L’argile entre mes mains
peu à peu se liquéfiait, mon visage
se mettait à naître.

La rive déjà disparaissait
loin derrière, et loin, l’espace
bref où le rêve surgit.

J’assistais au paysage,
je commençais à voir.




Hélène Dorion, Ravir : les visages in Ravir : les lieux, Éditions de La Différence, Collection Clepsydre, 2005, page 87.





■ Hélène Dorion
sur Terres de femmes

[La pluie dessine des ombrages] (poème issu de Cœurs, comme livres d’amour)
Horizons 2 (poème issu de Comme résonne la vie)
Ravir : les lieux (note de lecture de Sylvie Besson)
→ (dans la galerie Visages de femmes)
le Portrait de Hélène Dorion (+ un autre poème extrait de Ravir : Les lieux)



■ Voir | écouter aussi ▼

le site d’Hélène Dorion
→ (sur Radio-Canada.ca)
un entretien avec Hélène Dorion au lendemain de la remise du Prix Charles-Vildrac (vendredi 3 juillet 2009)
→ (sur le site de L’ÎLE, Centre de documentation virtuel sur la littérature québécoise)
une notice bio-bibliographique sur Hélène Dorion
→ (sur le site berlinois Lyrikline)
huit autres poèmes issus de Ravir : les lieux, lus par Hélène Dorion






______________________________________

Le recueil Ravir : les lieux a reçu en 2005 le Prix de poésie de l’Académie Mallarmé. C’est la première fois (depuis la création de ce prix en février 1937) que cette prestigieuse « société de Gens de Lettres » décerne son Prix à un poète québécois.




L’ACADÉMIE MALLARMÉ


Fondée en février 1937, l’Académie Mallarmé comprenait, à l’origine, des poètes de l’entourage de Mallarmé : Saint-Pol Roux, Francis Vielé-Griffin, Maeterlinck, Paul Valéry, Paul Fort. Elle a accueilli par la suite Léon-Paul Fargue, Jean Cocteau, André Gide, Jacques Audiberti ou Henri Mondor. Relancée en 1975, avec le soutien d’Alain Bosquet et d’Eugène Guillevic, elle est aujourd’hui composée de trente membres élus et de quinze membres correspondants étrangers, comme le Hongrois György Somlyó. Le président actuel (depuis 2003) est Lionel Ray, assisté de Sylvestre Clancier (secrétaire général). Parmi les autres membres figurent Marie-Claire Bancquart, Claude Beausoleil, Michel Deguy, Charles Dobzinski, Claudine Helft, Philippe Jones, Vénus Khoury-Ghata, Jean-Michel Maulpoix, Henri Meschonnic, Pierre Oster, Jean Rousselot et Robert Sabatier.
Le siège de l’Académie est situé dans l’Hôtel de Massa, Société des Gens de Lettres, 38 rue du Faubourg Saint-Jacques, 75014 PARIS. Tél. : 01 53 10 12 00



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4 réponses à “Hélène Dorion | Par tant de visages, j’entre”

  1. nobody

    Très beau texte encore… On se sent tout petit, on sent nos mots inutiles et mal posés quand on lit certains textes…

    « La rive déjà disparaissait
    loin derrière, et loin, l’espace
    bref où le rêve surgit. »

    « je commençais à voir »…

    J’aime et je vais lire cet auteur. Il y a des voix qui soudain emplissent l’espace et nous comblent.

  2. CHOCHEPRAT Bernard

    Je suis entré de plain-pied, et en la lisant à voix haute, dans la poésie de Hélène Dorion, avec ce très beau texte extrait de Ravir:Les Lieux, poésie que je qualifierais de terrienne, de minérale, réconciliant volontiers le citadin de circonstance que je suis, avec l’élément naturel brut. Réconciliation déjà bien commencée avec Guillevic, il est vrai.
    Voilà bien de quoi me pousser à mieux connaître l’oeuvre de cette poètesse de grand talent: j’y cours!

    Bien cordialement

  3. Hélène Dorion au fil des mots, une vidéo

    Amicizia
    Guidu___

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