TDF - La revue de poésie et de critique d'Angèle Paoli

Terres
de Femmes

Catherine Pozzi | Nyx

Publié le :

20 février 2006

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Catégorie(s) :

« Poésie d’un jour »



Pozzi
Image, G.AdC








À Louise aussi de Lyon et d’Italie.




Ô vous mes nuits, ô noires attendues
Ô pays fier, ô secrets obstinés
Ô longs regards, ô foudroyantes nues
Ô vol permis outre les cieux fermés.

Ô grand désir, ô surprise épandue
Ô beau parcours de l’esprit enchanté
Ô pire mal, ô grâce descendue
Ô porte ouverte où nul n’avait passé

Je ne sais pas pourquoi je meurs et noie
Avant d’entrer à l’éternel séjour.
Je ne sais pas de qui je suis la proie.
Je ne sais pas de qui je suis l’amour.


Catherine Pozzi, Très haut amour, Gallimard, Collection Poésie, 2002, page 31.






Ce poème écrit « d’un trait » (comme le souligne Catherine Pozzi dans son Journal, éditions Phébus libretto, 2005, page 699) est le dernier texte qu’elle a composé (5 novembre 1934). Un mois avant sa mort (3 décembre 1934, à l’âge de cinquante-deux ans), six ans après sa rupture avec Paul Valéry. Ce poème est directement inspiré du sonnet II de Louise Labé : « Ô beaux yeux bruns, ô regards détournés […] Ô noires nuits vainement attendues […] ». Le caractère autobiographique du poème « Nyx » (« nuit » en grec) est pour partie attesté par la dédicace elle-même (Catherine Pozzi étant née Catherine-Marthe-Louise Pozzi).





■ Catherine Pozzi
sur Terres de femmes

À la déesse qui m’a donné une pomme que je ne méritais pas
Scopolamine
22 novembre 1913 | Journal de Catherine Pozzi
1er mai 1920 | Journal de Catherine Pozzi
27 février 1934 | Journal de Catherine Pozzi



■ Voir aussi ▼

le site Esprits nomades
un très émouvant commentaire (à propos du Journal de Catherine Pozzi) sur le blog Quitter la terre






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Une réponse à “Catherine Pozzi | Nyx”

  1. Jean-François AGOSTINI

    Un seul signe de l’univers
    Ne passe le seuil de la vie
    Mais il n’existe pas de vie
    Qui n’ait reçu mille univers.

    Catherine Pozzi, Très haut amour

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