TDF - La revue de poésie et de critique d'Angèle Paoli

Terres
de Femmes

11 février 1963 | Mort de Sylvia Plath

Publié le :

11 février 2006

/

Catégorie(s) :

Éphéméride culturelle à rebours



Le 11 février 1963, Sylvia Plath se donne la mort. Quelques jours auparavant, le 5 février 1963, elle avait écrit le poème Edge (Extrémité), son dernier poème.







Sylvia_plath_1
Image, G.AdC







EDGE


The woman is perfected
Her dead

Body wears the smile of accomplishment,
The illusion of a Greek necessity

Flows in the scrolls of her toga,
Her bare

Feet seem to be saying:
We have come so far, it is over.

Each dead child coiled, a white serpent,
One at each little

Pitcher of milk, now empty.
She has folded

Them back into her body as petals
Of a rose close when the garden

Stiffens and odours bleed
From the sweet, deep throats of the night flower.

The moon has nothing to be sad about,
Staring from her hood of bone.

She is used to this sort of thing.
Her blacks crackle and drag.


Sylvia Plath, Ariel, Faber & Faber, London, 1965, page 80.







EXTRÉMITÉ


Voici parfaite la femme.
Mort.

Son corps arbore le sourire de l’accomplissement;
L’illusion d’une nécessité grecque

Flotte parmi les volutes de sa toge;
Ses pieds

Nus semblent dire:
Nous sommes arrivés jusqu’ici, c’est fini.

Chaque enfant mort lové, serpent blanc,
Un à chaque petit

Pichet de lait, dorénavant vide.
Elle les a repliés

Dans son corps comme des pétales
De rose se ferment quand le jardin

Se fige et que les odeurs saignent
Des gorges douces et profondes de la fleur de nuit.

Rien ne saurait toucher ni attrister la lune
Qui regarde sans broncher depuis sa cagoule d’os.

Elle a l’habitude de ce genre de chose.
Et ses ténèbres craquent, et ses ténèbres durent. »

5 février 1963





Rouzeau-Plath



Sylvia Plath, in Valérie Rouzeau, Sylvia Plath/Un galop infatigable, jeanmichelplace/poésie, 2003, pp. 112-113. Traduction de Valérie Rouzeau.






SYLVIA PLATH


Sylvia plath vignette
Source




■ Sylvia Plath
sur Terres de femmes


Sylvia Plath, La lionne de Dieu (une chronique d’AP)
Ariel
I am vertical
Winter trees
→ (dans la galerie Visages de femmes)
le Portrait de Sylvia Plath (+ le poème Wuthering Heights extrait de Crossing The Water)




■ Voir aussi ▼


→ (sur Esprits nomades)
Sylvia Plath, Chronique d’une stigmatisée





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Une réponse à “11 février 1963 | Mort de Sylvia Plath”

  1. nobody

    Extraordinaire Sylvia ! Ses poèmes inquiètent, intriguent…
    « Rien ne saurait toucher ni attrister la lune
    Qui regarde sans broncher depuis sa cagoule d’os.

    Elle a l’habitude de ce genre de chose.
    Et ses ténèbres craquent, et ses ténèbres durent.  »

    …Il ne suffit pas de dire
    mais de marteler
    de creuser de fixer
    les mots pour qu’ils
    prennent racine
    pour qu’ils dérangent
    et provoquent…

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