TDF - La revue de poésie et de critique d'Angèle Paoli

Terres
de Femmes

Antjie Krog | Commencements

Publié le :

02 janvier 2006

/

Catégorie(s) :

« Poésie d’un jour »




Slacik
Anne Slacik, Naxos, 1993
130 x 130 cm







COMMENCEMENTS



Commencement(s)

comment débute-t-on un poème ?

crayon rouge bien taillé… gomme parfumée

oreilles cassées vers l’intérieur

à l’écoute du dedans pour en intercepter les frémissements
l’intérieur est prudemment calfeutré

… et alors
… … … pour quelque raison… une

ouverture soudain surgit
quelque chose vibre… ma respiration n’est plus

qu’un souffle maîtrisé… j’attends
… la pointe du crayon en arrêt… ah

le rythme de l’ouvrage affleure
mes sens l’un contre l’autre se pressent légèrement

au loin un enfant appelle/une porte claque/des pas dans le couloir

je saisis l’ouverture — ne m’abandonne surtout pas
une simple impulsion suffira
en urgence j’étreins le muscle de clôture



Antjie Krog, in L’Invention du livre, meeting n°3, Maison des Écrivains Étrangers et des Traducteurs de Saint-Nazaire, novembre 2005, page 100.





ANTJIE KROG


Antjie Krog
Source



■ Antjie Krog
sur Terres de femmes

Cela gronde doucement (extrait d’Une syllabe de sang)



■ Voir aussi ▼

→ (sur le site South African History Online)
une page (en anglais) sur Antjie Krog
→ (sur Lecture en Tête)
une page (en français) sur Antjie Krog
→ (sur NB Publishers)
une biobliographie (en anglais) d’Antjie Krog






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Une réponse à “Antjie Krog | Commencements”

  1. Marielle

    De l’auteur, je vous conseille également la lecture de Ni pillard, ni fuyard, paru au Temps qu’il fait.
    Lors de l’instauration de la Commission « Vérité et réconciliation » en 1995 dans son pays natal, elle a suivi les travaux pour le compte d’une radio nationale et a dû faire face aux fantômes d’un passé encore très présent dans toutes les mémoires. Une histoire violente qu’elle a tenté de coucher sur papier, sous forme poétique. Non pas pour l’adoucir, ses textes sont tout aussi violents que les faits qu’ils abordent, mais pour exorciser. En tout cas, essayer.
    Ni pillard, ni fuyard, c’est un recueil de textes publiés ces trente dernières années,dans lequels Antjie Krog se raconte, parle de son enfance de blanche afrikaaners au milieu des lois raciales, de la richesse de sa famille et de la pauvreté de son pays. C’est dur, révoltant, triste, toujours engagé et puissant.

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