Pour toi, carissima Rita,
cette traduction « en dialogue » et « en amitié »
dans les premières heures de l’An 2006.

Ph., G.AdC
« Qualcosa mi han detto la sera
e la montagna ma l’ho perduto »
J.L. Borges
D’EFFIMERO OBLIO
D’effimero oblio è questa sera.
Mi narra la storia che ho perduto.
La pioggia è stanca come questa mano,
riversa e immobile sul foglio bianco.
Vertigine che preme, e strido, come
digrignar di denti, strido, corda
sublimemente vaga, stasera in disaccordo,
con l’armonia del Tutto ;
ma la montagna che una sera vidi
mi disse amore, straripante
amore : dalle sue luci appena distinguibili,
dal suo stagliarsi, Ala Riparatrice, contro
quel mare che è tempesta, al di là del
riflesso quieto d’una argentea luna.
Rita R. Florit, Lezioni inevitabili, LietoColle, 2005, page 13.
« Ce que m’ont dit le soir
et la montagne je l’ai perdu »
J.L. Borges
D’OUBLI ÉPHÉMÈRE
D’oubli éphémère est ce soir.
Il me relate l’histoire que j’ai perdue.
La pluie est lasse comme cette main,
retournée immobile sur la page blanche.
Vertige qui oppresse, et stridence, comme
un grincement de dents, stridence, corde
qui sublimement vague, ce soir désaccordée,
avec l’harmonie du Tout ;
mais la montagne aperçue un soir
m’a dit amour, débordant
amour : de ses lumières à peine visibles,
de sa découpure, Aile Réparatrice, contre
cette mer qui tempête, par-delà
le reflet paisible d’une lune d’argent.
D.R. Traduction inédite d’Angèle Paoli
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