TDF - La revue de poésie et de critique d'Angèle Paoli

Terres
de Femmes

Rita R. Florit | D’effimero oblio

Publié le :

01 janvier 2006

/

Catégorie(s) :

« Poésie d’un jour »



Pour toi, carissima Rita,
cette traduction « en dialogue » et « en amitié »
dans les premières heures de l’An 2006.





aldilàdelriflessoquietodunaargentealuna
Ph., G.AdC





« Qualcosa mi han detto la sera
e la montagna ma l’ho perduto »

J.L. Borges






D’EFFIMERO OBLIO



D’effimero oblio è questa sera.
Mi narra la storia che ho perduto.
La pioggia è stanca come questa mano,
riversa e immobile sul foglio bianco.
Vertigine che preme, e strido, come
digrignar di denti, strido, corda
sublimemente vaga, stasera in disaccordo,
con l’armonia del Tutto ;
ma la montagna che una sera vidi
mi disse amore, straripante
amore : dalle sue luci appena distinguibili,
dal suo stagliarsi, Ala Riparatrice, contro
quel mare che è tempesta, al di là del
riflesso quieto d’una argentea luna.



Rita R. Florit, Lezioni inevitabili, LietoColle, 2005, page 13.




« Ce que m’ont dit le soir
et la montagne je l’ai perdu »

J.L. Borges



D’OUBLI ÉPHÉMÈRE



D’oubli éphémère est ce soir.
Il me relate l’histoire que j’ai perdue.
La pluie est lasse comme cette main,
retournée immobile sur la page blanche.
Vertige qui oppresse, et stridence, comme
un grincement de dents, stridence, corde
qui sublimement vague, ce soir désaccordée,
avec l’harmonie du Tout ;
mais la montagne aperçue un soir
m’a dit amour, débordant
amour : de ses lumières à peine visibles,
de sa découpure, Aile Réparatrice, contre
cette mer qui tempête, par-delà
le reflet paisible d’une lune d’argent.


D.R. Traduction inédite d’Angèle Paoli





RITA R. FLORIT


Rita Regina Florit




■ Rita R. Florit
sur Terres de femmes

Passo nel fuoco (note de lecture d’AP)
I giorni accatoni
Imus (extrait de Nyctalopia)
[Strazio il mio verso] (extrait de Passo nel fuoco)
→ (dans l’anthologie poétique Terres de femmes)
Varchi del rosso
→ (dans la galerie Visages de femmes de Terres de femmes)
le Portrait de Rita R. Florit (+ un extrait de Lezioni inevitabili)



■ Voir aussi ▼

→ (sur Imperfetta Ellisse)
d’autres poèmes de Rita R. Florit





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5 réponses à “Rita R. Florit | D’effimero oblio”

  1. nobody

    Que j’aime ce poème !
    « La pluie est lasse comme cette main,
    retournée immobile sur la page blanche. »

    Pour moi qui habite un pays de pluies et de brumes, pour moi qui suis lasse d’écrire, cette image est forte.

    Encore merci, Angèle !

  2. Merci, Nobody. Merci pour Rita, qui a un très grand talent, et dont j’aimerais tellement pouvoir traduire l’intégralité de ce recueil. Mais quel exercice difficile et exigeant ! Car il ne s’agit pas seulement de traduire, mais de trouver la petite musique intérieure, la tonalité ou la coloration spécifiques. Yves, mon compagnon et webmestre, qui est un grand amateur de jazz, me dirait : trouver la « blue note ».
    Plusieurs lectrices et lecteurs m’ont dit, en effet, avoir beaucoup aimé ce poème, comme Florence par exemple, qui l’a mis en avant dans Poezibao.

  3. « D’oubli éphémère est ce soir.
    Il me narre l’histoire que j’ai perdue. … »
    Je le garde tout entier ce poème tant il me chavire et colle à la peau de ces derniers jours.

  4. Anghjula cara, che grande piacere rientrare a casa e trovare la tua traduzione, grazie di cuore, gran bello inaugurare così l’anno nuovo! 🙂
    Vado su poezibao…
    Ti lascio anche i saluti di Alfredo, che ha difficoltà ad aprire TdF.
    A presto, cara amica.

    Nobody, Chrysalide, je vous remercie pour votre appréciation! 🙂

  5. jiban narah, assam, india, poet

    beautiful ,

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