TDF - La revue de poésie et de critique d'Angèle Paoli

Terres
de Femmes

8 octobre 1953 | Mort de Kathleen Ferrier

Publié le :

08 novembre 2005

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Catégorie(s) :

Éphéméride culturelle à rebours


Le 8 octobre 1953 meurt à Londres Kathleen Ferrier.






Kathleen_ferrier
Portrait de Kathleen Ferrier.
Image, G.AdC







EWIG… EWIG


« Ewig … ewig , « éternellement … éternellement », derniers mots de l’entrée dans l’éternité (sur les deux notes mi et ré) de Der Abschied (L’Adieu), dernier lied du Chant de la Terre (Das Lied von der Erde) de Gustav Mahler. Der Abscheid (L’Adieu) est un amalgame de deux poèmes tang de Mong Jao Yen (mort en 740) et de Wang Wei (699-759), adaptés en vers allemands par Hans Bethge (recueil Die chinesische Flöte, La Flûte chinoise). Mais les quatre derniers vers sont de la main de Mahler lui-même. Ci-après le final de Der Abscheid :




« Wohin ich geh’? Ich geh’, ich wand’re in die Berge.
Ich suche Ruhe für mein einsam Herz!
Ich wandle nach der Heimat, meiner Stätte.
Ich werde niemals in die Ferne schweifen.
Still ist mein Herz und harret seiner Stunde!
Die liebe Erde allüberall
Blüht auf im Lenz und grünt aufs neu!
Allüberall und ewig blauen licht die Fernen!
Ewig… Ewig… »


« Où vais-je ? Je vais errer dans les montagnes.
Je cherche le repos pour mon cœur solitaire.
Je chemine vers mon pays, vers ma demeure.
Je ne m’aventurerai pas au loin.
Calme est mon cœur, il aspire à son heure !
La terre bien aimée en tout lieu refleurit
au printemps et verdoie de nouveau.
Partout et pour toujours les horizons bleuissent !
Eternellement… éternellement. »

Traduction de Georges Gourdet




Lorsque Kathleen Ferrier chanta pour la première fois Le Chant de la Terre lors du premier festival d’Edimbourg (6-16 septembre 1947), elle était tellement bouleversée qu’elle ne parvint pas à chanter le dernier « ewig » de cette cantilène. Alors qu’elle venait de présenter ses excuses au chef d’orchestre (Bruno Walter) pour ce manquement non professionnel, celui-ci lui répondit tout aussitôt : « Si nous avions tous été aussi artistes que vous, nous aurions tous été en larmes comme vous ».





■ Kathleen Ferrier
sur Terres de femmes

22 avril 1912 | Naissance de Kathleen Ferrier



■ Écouter | voir aussi ▼

→ Plusieurs extraits de Der Abscheid (L’Adieu, dernier lied du Chant de la Terre [Das Lied von der Erde] de Gustav Mahler) sont accessibles sur la Toile, dont (sur deezer.com)
l’intégralité de l’enregistrement historique (Vienne, 1952) de Der Abscheid
→ se rendre aussi sur le site
cantabile-subito pour entendre un air de Brahms (enregistrement live de Immer leiser wird mein Schlummer), chanté par Kathleen Ferrier au festival d’Edimbourg 1949
→ (sur le site Ramifications) un dossier hommage à
Kathleen Ferrier, comprenant notamment une bibliographie et une discographie commentées





Ferrier
CD audio (31 janvier 2003)
Tahra; ASIN : B00008AVBB



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4 réponses à “8 octobre 1953 | Mort de Kathleen Ferrier”

  1. Jean-Marie

    K.F… J’ai fait écouter cette voix à mes garçons, comme je l’avais un jour reçue de mon père – du fond mystérieux d’un 33 tours noir, à l’époque, qui craquait. Ils n’ont rien dit, comme jadis je n’avais rien dit. Mais je crois que ce fut la même sidération. Ainsi, de génération en génération, le silence s’agrandissait, autour de voix bien-aimées.

  2. Yves

    Dans le fichier sonore ci-joint [fichier Mp3 à écouter sur Windows Media Player ou Winamp], Michèle Finck parle d’Yves Bonnefoy et de Kathleen Ferrier (source : émission de France Culture, Du jour au lendemain, Alain Veinstein, 1989) au lendemain de la publication chez José Corti de son ouvrage Yves Bonnefoy, le simple et le sens. Accès direct également possible à partir du site de Michèle Finck.

  3. Yves

    Le premier enregistrement du Chant de la Terre interprété par Kathleen Ferrier a eu lieu à New York le 18 janvier 1948. Kathleen Ferrier était aux côtés de Set Svanholm et le New York Philharmonic était dirigé par Bruno Walter (Enregistrement live. Label : NYP Editions).

  4. Nathalie

    Il faut entendre les Kindertotenlieder de Mahler, par cette voix. C’est de l’ordre de la musique métaphysique, comme certaines fantaisies de Schubert…

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