TDF - La revue de poésie et de critique d'Angèle Paoli

Terres
de Femmes

Angèle Paoli | Plume de geai bleu

Publié le :

18 octobre 2005

/

Catégorie(s) :

Topique : Bleu




A Guidu, cette plume perdue
mais à jamais retrouvée




Geai_in_corsu_ghjandaghja
Aquatinte numérique originale, G.AdC






Ghjandaghja




Petite plume de geai bleu argentée bleue nuitée

offerte un jour d’été bonheur bleu azuré

blotti tout entier ténu

dans la plume de geai bleutée

dérobée envolée perdue où égarée

petite plume de geai bleuté

plume de douceur argentée

cueillie au haillon bleu

d’un arbousier d’un châtaignier d’un ciste fané

petite plume de geai bleu élégante effilée

voile de duvet envolé

disparu affolée éperdue

petite plume fourvoyée de tendresse ténue

cherchée où éplorée inconsolée émue

petite plume de geai bleuté plume de baiser dérobé

promesse de légèreté partagée de lumière bue

désir bleu suspendu à la moire argentée

de la petite plume bleue nuitée

reparue retrouvée nue

menue nuit argentée

douceur bleutée

beauté




Angèle Paoli
Texte D.R. angèlepaoli



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4 réponses à “Angèle Paoli | Plume de geai bleu”

  1. Ouchy

    Merci de ce beau poème qui me rappelle la Corse!
    A bientôt!

  2. Merci chère Angèle pour votre très beau geai bleu.

    Voici quelques vols bleutés que d’autres ont aussi écrits !
    Mais ce n’était pas pour moi…

    _______________________

    Vergogna à tè chì vendi a terra

    In quelle campagne brusgiate
    Più mancu un cane ùn abbaghja
    Magra trista la ghjandaghja
    Canta e stagione malate

    Vergogna à tè chì vendi a terra

    Honte à toi qui vends la terre

    Dans ces campagnes brulées
    Plus même un chien n’aboie
    Maigre et triste le geai
    Chante les saisons malades

    Honte à toi qui vends la terre

    GhjuvanPaulu Poletti_______

    _______________________

    J’ai combattu la veille pour te dire
    Que le jour arrive bientôt pour t’aimer.
    Le berceau constellé de la nuit est venu adoucir
    Les clameurs du geai bleu quand il a dit préférer,
    Savourer ce matin à l’ambiance de la paisible saison,
    Gazouiller avec toi selon sa façon.
    Passer des heures éteintes sans raison
    A siffloter la vie qui lui tient bon.

    Lisange________

    _______________________

    Le geai jaseur passait dans le ciel à tire-d’aile
    Regardant la cape cardinale errer libérée.
    Eros sortit ses soies séduisant la jeunesse née
    Et l’enivra d’un cordial d’air doux en coupelle.

    Lise Dupuis______

    _______________________

    Bel oiseau, beau geai bleu, que j’aime
    entendre ta rengaine…
    Que de soleil, tu apportes dans ton plumage,
    beau geai bleu donnant en gage
    ton chant séduisant ta tourterelle.
    Bel oiseau à la ritournelle éternelle.

    Johanne Lebeau_______
    _______________________

    Le Geai paré des plumes du Paon

    Un Paon muait; un Geai prit son plumage;
    Puis après se l’accommoda;
    Puis parmi d’autres Paons tout fier se panada,
    Croyant être un beau personnage.
    Quelqu’un le reconnut: il se vit bafoué,
    Berné, sifflé, moqué, joué,
    Et par Messieurs les Paons plumé d’étrange sorte;
    Même vers ses pareils s’étant réfugié,
    Il fut par eux mis à la porte.
    Il est assez de geais à deux pieds comme lui,
    Qui se parent souvent des dépouilles d’autrui,
    Et que l’on nomme plagiaires.
    Je m’en tais; et ne veux leur causer nul ennui:
    Ce ne sont pas là mes affaires.

    Jean de la Fontaine _______
    _______________________

    Amicizia
    Guidu ______

  3. clem

    et l’oiseau bleu chantait le matin et il chantait dans la journée et dans le soir et il paraissait si heureux sur sa branche toujours avec son chant qui ensorcelait son monde d’oiseaux et ceux qui voulaient l’écouter et l’oiseau bleu savait bien pourtant que son chant était son langage et qu’il n’avait rien à voir avec le bonheur,
    mais seul l’oiseau le savait.
    clem.

  4. Je suis bouleversée, caru Guidu, par ce cri du chanteur GhjuvanPaulu Poletti. Je connaissais cet appel désespéré pour l’avoir vu écrit çà et là sur notre île. Je me souviens de m’être à moi-même répété ce « Vergogna a te » en rentrant de Calvi, en août dernier. Calvi, désormais dénaturé, bétonné, « baléarisé » par des kilomètres de constructions d’une vulgarité et d’une laideur affligeantes ! Ou encore lorsque je suis descendue me baigner à la plage d’Arone. Vierge encore il y a quinze ans à peine, aujourd’hui dévastée de manière irréversible. Mon cœur se serre lorsque je vois le maquis dépossédé de sa beauté sauvage, au profit du béton qui gagne éhontément l’espace jusqu’alors inviolé d’« a macchia ». Tout cela me désespère. M’arrache des larmes de rage et de chagrin. Je comprends, naturellement, que certains de nos compatriotes ne puissent résister à l’appel des sirènes. Ou qu’ils n’aient pas les moyens de faire autrement. Mais je comprends aussi que d’autres ne se résignent pas à voir leur terre ainsi saccagée. En proie à l’avidité de quelques « svergugnati »!
    Que faire ? Comment protéger encore ce qui reste de terres insoumises dans ta Cinarca ? Ce peu qui reste des côtes jusqu’alors rebelles de mon Cap Corse ?

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