TDF - La revue de poésie et de critique d'Angèle Paoli

Terres
de Femmes

Claire Malroux | [Quel que soit son destin]

Publié le :

08 octobre 2005

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Catégorie(s) :

« Poésie d’un jour »


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Ph., G.AdC






[QUEL QUE SOIT SON DESTIN]



Quel que soit son destin
tout être né dans le Midi
oscille entre l’extase et la lucidité
La lumière
jubilatoire ou cruelle
pour lui n’est jamais indifférente
La lumière est éternelle




Claire Malroux, Soleil de jadis, Le Castor Astral, 1998 [rééd. 2006], page 22.





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CLAIRE MALROUX


Claire Malroux 4
Source





■ Claire Malroux
sur Terres de femmes


Invisible Protée (poème extrait de Météo Miroir)
À la poésie (autre poème extrait de Météo Miroir)




■ Voir aussi ▼


→ (dans la Poéthèque du site du Printemps des poètes)
une fiche bio-bibliographique sur Claire Malroux





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2 réponses à “Claire Malroux | [Quel que soit son destin]”

  1. Bonsoir Angèle

    Dehors à ma fenêtre musique brésilienne, le temps est beau mais humide… pas de pluie depuis fin juillet, ça va durer comme ça jusqu’à fin décembre… vrai montagnard parisien exilé volontaire en Guyane…
    Pour toi Théophile GAUTIER, Emaux et Camées

    Chapeau bas à toi, j’apprécie Elisanne et bien d’autres sur le web… ici on est dans le passager et la douceur équatoriale… je ne suis jamais venu en Corse contrairement à ma femme (ex) et mes enfants.

    pimentrouge

    SYMPHONIE EN BLANC MAJEUR

    De leur col blanc courbant les lignes,
    On voit dans les contes du Nord,
    Sur le vieux Rhin, des femmes-cygnes
    Nager en chantant près du bord,
    Ou, suspendant à quelque branche
    Le plumage qui les revêt,
    Faire luire leur peau plus blanche
    Que la neige de leur duvet.
    De ces femmes il en est une,
    Qui chez nous descend quelquefois,
    Blanche comme le clair de lune
    Sur les glaciers dans les cieux froids ;
    Conviant la vue enivrée
    De sa boréale fraîcheur
    A des régals de chair nacrée,
    A des débauches de blancheur !
    Son sein, neige moulée en globe,
    Contre les camélias blancs,
    Et le blanc satin de sa robe
    Soutient des combats insolents.

    Dans ces grandes batailles blanches,
    Satins et fleurs ont le dessous,
    Et, sans demander leurs revanches,
    Jaunissent comme des jaloux.
    Sur les blancheurs de son épaule,
    Paros au grain éblouissant,
    Comme dans une nuit du pôle,
    Un givre invisible descend.
    De quel mica de neige vierge,
    De quelle moelle de roseau,
    De quelle hostie et de quel cierge
    A-t-on fait le blanc de sa peau ?
    A-t-on pris la goutte lactée
    Tachant l’azur du ciel d’hiver,
    Le lis à la pulpe argentée,
    La blanche écume de la mer ;
    Le marbre blanc, chair froide et pâle,
    Où vivent les divinités ;
    L’argent mat, la laiteuse opale
    Qu’irisent de vagues clartés ;
    L’ivoire, où ses mains ont des ailes,
    Et, comme des papillons blancs,
    Sur la pointe des notes frêles
    Suspendent leurs baisers tremblants ;

    L’hermine vierge de souillure,
    Qui, pour abriter leurs frissons,
    Ouate de sa blanche fourrure
    Les épaules et les blasons ;
    Le vif-argent aux fleurs fantasques
    Dont les vitraux sont ramagés ;
    Les blanches dentelles des vasques,
    Pleurs de l’ondine en l’air figés ;
    L’aubépine de mai qui plie
    Sous les blancs frimas de ses fleurs ;
    L’albâtre où la mélancolie
    Aime à retrouver ses pâleurs ;
    Le duvet blanc de la colombe,
    Neigeant sur les toits du manoir,
    Et la stalactite qui tombe,
    Larme blanche de l’antre noir ?
    Des Groenlands et des Norvèges
    Vient-elle avec Séraphita ?
    Est-ce la Madone des neiges,
    Un sphinx blanc que l’hiver sculpta,
    Sphinx enterré par l’avalanche,
    Gardien des glaciers étoilés,
    Et qui, sous sa poitrine blanche,
    Cache de blancs secrets gelés ?

    Sous la glace où calme il repose,
    Oh ! qui pourra fondre ce coeur !
    Oh ! qui pourra mettre un ton rose
    Dans cette implacable blancheur

    Théophile GAUTIER

    sphinx ou sphynge…

  2. Merci piment rouge pour ce très beau poème d’Emaux et camées. Quand je dis « sphinx ou sphinge », je pense au peintre belge Fernand KHNOPFF (1858-1921). Je me suis longtemps penchée sur le thème de l’androgyne en littérature et en peinture (cf. Mademoiselle de Maupin de Théophile Gautier… et bien sûr Orlando de Virginia Woolf et Séraphita (1835) de Balzac, cité dans le poème de Gautier).

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