TDF - La revue de poésie et de critique d'Angèle Paoli

Terres
de Femmes

Angèle Paoli | L’ombre portée du palmier bleu

Publié le :

15 septembre 2005

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Lombre_porte_du_palmier_de_trinidad_pino




A mon trisaïeul Dominique Baldassari

Palmier de haute race
élégant élancé
tu étires tes voiles en partance
vers des rêves perdus
il ne te reste des terres
qui t’ont vu naître
que l’ombre portée de tes palmes
sur le mur chauffé à blanc
au creux de ta tour crénelée
tu balances au gré des vents
tes gréements effilés
dans le ciel transi de bleu

Dans le ciel transi de bleu
l’ombre portée du palmier
murmure les noms effacés
de ceux qui se sont embarqués
les Baldassari, Giraldi, Giuliani,
Gregori, Luigi, Mariani, Piccioni, Pieretti,
Vincentelli…
du Cap Corse aux Amériques
ils ont navigué bourlingué
travaillés durement par la houle
un matin de demi-brume caraïbe
ils ont touché terre ferme
c’était dans les marécages du llanos

Ils se sont dispersés
aux quatre découpes des côtes
dans les haciendas blanches
entre Venezuela et Trinidad
ils ont battu le pavé des villes
à Caracas ils se sont enivrés
de la moiteur des femmes
du vin de palmes et d’aloès
ils ont bâti leur fortune
au prix d’un exil sans fin
dans les champs de coton de café de tabac

Un jour de demi-brume caraïbe
ils ont réinventé la mer
portés par un mal obscur
dans leur île natale ils ont débarqué
leurs lourdes malles gonflées d’or
ils ont élevé palais et tombeaux
ils reposent seigneurs apaisés
en leur terre bercée par l’ombre portée
du palmier bleu

Angèle Paoli
D.R. Ph et texte angèlepaoli



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4 réponses à “Angèle Paoli | L’ombre portée du palmier bleu”

  1. Oui, cara Anghjula, dans ton Cap-Corse les végétaux de Trinidad ou de Saint-Domingue portent forcément des ombres frémissantes sur les demeures des Américains…
    Ce magone des Amériques dit que le découvreur des Indes était un Genovese de Calvi du nom de Cristofaro Colombo…
    Merci pour cet azur maritime, cet appel du large, qui, berçant tes rivages d’enfant, m’ont ouvert au monde, libérant mon île dans l’île de son enfermement !
    Baci
    Guidu _____

  2. souvenirs d’un moment de pure beauté…

  3. Buenos días Angèle,
    Yo comprendo francés pero se me hace muy dificil escribirlo, asi que prefiero escribir en español.
    Deseo expresarle que leo con frecuencia su página web y que la disfruto mucho. Es muy dinámica, tiene mucha fuerza, usted es la representación que yo me hago de una mujer corsa contemporánea.
    Reciba un cordial saludo,
    Elisa

  4. En cliquant ICI, il est possible d’accéder à une conversation téléphonique (en espagnol) du 16 octobre dernier [podcast] où Elisa Arraiz Lucca parle de son premier roman Te pienso en el puerto. Le sujet de ce roman porte sur l’émigration corse au Venezuela au cours du XIXe siècle. Elisa Arraiz Lucca cherche actuellement un éditeur corse (ou continental) pour éditer l’ouvrage en français.

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