(hommage à Hélène Cixous)
ENVOLÉES DE VENTS
Troglodytiques
les casemates étirent
leurs bosselures au creux
de la falaise
torse
Ocres
Taillés dans le tuf
les couloirs boursouflés
ondulent pareils
à des boyaux aveugles
encoudés
dans un dédale
de pièces
borgnes
Les corps impriment
leur poids
dans le sol de terre brute
les pas incongrus
réveillent
les chauves-souris
endormies
dans les angles
arides
dans leur vol affolé
elles heurtent
la pierre
zèbrent
l’espace
insensible
à leur cri
sourd
Un filet de lumière
arasante
filtre
dans la poussière
chaude
des gravats
lourds
Furtive
masse oblongue
une silhouette
surgie
des angles morts
rase le torchis
de ses voiles
noirs
Un accablant silence
plaque dans les sables
les formes inertes
du désert
Envolées
De vents
Angèle Paoli
D.R. Texte angèlepaoli
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