TDF - La revue de poésie et de critique d'Angèle Paoli

Terres
de Femmes

Index de la Catégorie Autofiction

Publié le :

30 juin 2005

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Catégorie(s) :

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2 réponses à “Index de la Catégorie Autofiction”

  1. Guidu

    * Autofiction ?
    Ce qu’en dit fabula.org

    * Clair de terre ?
    – Outre Clair de terre d’André Breton, Le Clair de terre est un film de Guy Gilles (1970).

    * Raconter un rêve vrai en pensant à François Nourissier, qui dans Le Gardien des ruines (Paris, Grasset, 1992), dit :
    « Le Gardien des ruines est un roman. Toute homonymie, toute ressemblance avec ses personnages et des personnes existantes ou ayant existé ne seraient que pure coïncidence et ne pourraient en aucun cas engager la responsabilité de l’auteur. »

    [… Le matin au petit déjeuner dans le salon de l’hôtel, il raconta son rêve à A… Curieusement il ne se déroulait pas en Italie, c’était un voyage en avion. En buvant son café noir, avec emphase il le lui déclama tout fort :

    C’est un voyage en Egypte qui commence par Corinthe. Des cyprès bleus s’ancrent au pôle. L’avion sur le vieux continent inscrit sa trajectoire. Elle se perd quelque part du côté du Trocadéro. J’ai une boussole à la place de ma montre et des fuseaux horaires vers le sud comme les oliviers de Palestine s’amarrent aux collines sur un front de mer. Puis c’est novembre, et dans une épicerie une vieille dame cherche des raisins de Smyrne. Elle me fait confondre Carthage avec Malaga. Alors la mer laquée marine au milieu des terres s’efface subitement devant le canal de Suez. Ferdinand de Lesseps, un ciseau à la main, coupe un ruban d’inauguration. Hannibal en défaite embarque ses troupes sur les navires de Scipion l’Africain. Il souffle un sirocco brûlant et peu à peu la flotte s’enfonce progressivement. Je suis sur les ailes de l’avion et tout autour de la carlingue les nuages font de l’écume. Le commandant de bord annonce que nous ferons escale à Chypre et je me suis réveillé… ]

    Amicizia
    Guidu _______

  2. A à G : Il ne fallait pas le dire, Cavaliere ! Cela rompt tout le mystère !
    G à A : Quoi donc ?
    A à G : Que vous vous êtes réveillé ! Du coup, par le fait même que vous dites « Je me suis réveillé », la fiction se retire dans ses retranchements, comme la vague sur la laisse de mer. Et la réalité en profite pour reprendre ses droits !
    Mais quelle réalité au juste ? Celle du petit déjeuner dans le salon de l’hôtel ? Celle du commandant de bord annonçant que l’avion ferait escale à Chypre ? À moins que ce ne soit celle de sa trajectoire perdue, du côté du Trocadéro. Oui, elle s’en souvient bien de la trajectoire de cet après-midi de juin qui l’avait conduite non pas en Egypte, du moins pas au début ; mais du côté des Pôles, le nord avec Charcot et puis le sud, jusqu’en Terre Adélie, au milieu des pingouins et des grands icebergs. Et puis, elle avait bifurqué, au hasard des coursives et s’était retrouvée en plein désert, aux abords de la Mer Rouge et des lèvres brûlantes du golfe d’Aden, à suivre le boutre d’Henri de Monfreid. Cela lui revient maintenant, cette escapade au Musée de la Marine, ses arrêts devant les vitrines emplies d’astrolabes et de sextants, de portulans et de cartes mystérieuses. Et dehors, avec le retour à la réalité de ce jour-là, la grande foire de l’été, dans les rythmes du flamenco qui montaient de l’esplanade. Elle se revoit, heureuse de sa liberté, accoudée à la rampe de pierre, embrassant du regard la capitale chauffée à blanc. Et soudain, sa surprise de voir surgir de nulle part un mulot empressé qui venait la narguer dans sa petite frénésie ordinaire. Puis disparaître tout aussitôt. Et lui, là-bas, il l’avait suivie dans ses pérégrinations. Elle lui avait raconté les groupes de jeunes danseurs qui s’étiraient sur les pelouses et un peu plus loin ces belles acrobates, aux dos déjà nus et dorés qui s’égaillaient autour des vasques. Elle lui avait dit leur beauté et leur rire, son désir de leur jeunesse. Il lui avait répondu qu’il admirait sa jeunesse à elle, sa jeunesse d’esprit et de coeur. Demain, elle zigzaguerait sur les ailes de l’avion aux confins des nuages. Elle irait le retrouver à Mégara. C’est là qu’il l’attendrait, dans les jardins d’Hamilcar. Ensemble ils iraient chiper sa paire de ciseaux à Ferdinand de Lesseps et prêter main forte à Hannibal Barca. Il fallait absolument l’empêcher d’aller se noyer, lui et ses éléphants au lac de Trasimène ! Après, ils pourraient s’allonger dans les champs d’asphodèles et noyer leurs rêves dans les halos bleutés de leurs cigarillos.

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