TDF - La revue de poésie et de critique d'Angèle Paoli

Terres
de Femmes

Carole Darricarrère | Face à face avec mes mains

Publié le :

28 juin 2005

/

Catégorie(s) :

« Poésie d’un jour »




Darricarrre_face_face_avec_mes_mains
Ph, G.AdC







XII


FACE À FACE AVEC MES MAINS



De nouveau je me retrouvais face à face avec mes mains,
comme sur la table, lorsque je rentrais et que je m’asseyais,
et que ces deux organes sensibles

M’interrogeaient.

Dont on m’avait dit la veille qu’elles n’étaient ni assez
musclées pour être vouées au piano,
Ni assez charnues pour masser les corps.

Mais sans doute suffisamment fines
pour apprivoiser les distances ?

Et qui me questionnaient sur le sens,

Bavardes comme des langues dans le Verbe de l’espace.

Et leur chute. Geste clos, deux lèvres confrontées au silence.




Carole Darricarrère, Vert, Livre 1, XII, Tectonique des plaques, Une rupture, Éditions Comp’Act, 2001, page 121.





CAROLE DARRICARRÈRE


Carole Darricarrere
Source




■ Carole Darricarrère
sur Terres de femmes

[Bleu est un chemin d’ambiance dans le rouge] (extrait de Beijing Blues)
Les doubles jeux du (Je) (note de lecture sur le recueil Le (Je) de Léna)
Élévation du feu
Imagine qu’un matin… (+ une notice bio-bibliographique)
Je coupais souvent à travers champs
Nous vécûmes
→ (dans l’anthologie poétique Terres de femmes)
Ulysse (Joyce remixed)
→ (dans la galerie Visages de femmes)
le Portrait de Carole Darricarrère (+ un extrait du recueil Demain l’apparence occultera l’apparition)



■ Voir aussi ▼

→ (dans la Poéthèque du site du Printemps des poètes)
une fiche bio-bibliographique sur Carole Darricarrère






Retour au répertoire du numéro de juin 2005
Retour à l’ index des auteurs

» Retour Incipit de Terres de femmes

2 réponses à “Carole Darricarrère | Face à face avec mes mains”

  1. clementine

    les mains sur un clavier qui dansent, qui ne cessent de danser pour de la musique ou pour des mots, de la musique comme des mots, des mots comme de la musique, des mains toujours, qui travaillent et qui créent, des mains que l’on regarde ou que l’on ignore, des mains parce que la force c’est dans la main que je te donne que tu la ressens, des mains parce que ta force c’est dans ta main que je serre quand tu me la tends, que je la ressens. des mains toujours.
    bonne soirée.
    cl »émentine

  2. Guidu

    ___ Les mains de Jeanne-Marie / Arthur Rimbaud ___

    Jeanne-Marie a des mains fortes,
    Mains sombres que l’été tanna,
    Mains pâles comme des mains mortes.
    – Sont-ce des mains de Juana ?

    Ont-elles pris les crèmes brunes
    Sur les mares des voluptés ?
    Ont-elles trempé dans les lunes
    Aux étangs de sérénités ?

    Ont-elles bu des cieux barbares,
    Calmes sur les genoux charmants ?
    Ont-elles roulé des cigares
    Ou trafiqué des diamants ?

    Sur les pieds ardents des Madones
    Ont-elles fané des fleurs d’or ?
    C’est le sang noir des belladones
    Qui dans leur paume éclate et dort.

    Mains chasseresses des diptères
    Dont bombinent les bleuisons
    Aurorales, vers les nectaires ?
    Mains décanteuses de poisons ?

    Oh ! quel Rêve les a saisies
    Dans les pandiculations ?
    Un rêve inouï des Asies,
    Des Khenghavars ou des Sions ?

    – Ces mains n’ont pas vendu d’oranges,
    Ni brui sur les pieds des dieux :
    Ces mains n’ont pas lavé les langes
    Des lourds petits enfants sans yeux.

    Ce ne sont pas mains de cousine
    Ni d’ouvrières aux gros fronts
    Que brûle, aux bois puant l’usine,
    Un soleil ivre de goudrons.

    Ce sont des ployeuses d’échines,
    Des mains qui ne font jamais mal,
    Plus fatales que des machines,
    Plus fortes que tout un cheval !

    Remuant comme des fournaises,
    Et secouant tous ses frissons,
    Leur chair chante des Marseillaises
    Et jamais les Eleisons !

    Ca serrerait vos cous, ô femmes
    Mauvaises, ça broierait vos mains,
    Femmes nobles, vos mains infâmes
    Pleines de blancs et de carmins.

    L’éclat de ces mains amoureuses
    Tourne le crâne des brebis !
    Dans leurs phalanges savoureuses
    Le grand soleil met un rubis !

    Une tache de populace
    Les brunit comme un sein d’hier ;
    Le dos de ces Mains est la place
    Qu’en baisa tout Révolté fier !

    Elles ont pâli, merveilleuses,
    Au grand soleil d’amour chargé,
    Sur le bronze des mitrailleuses
    À travers Paris insurgé !

    Ah ! quelquefois, ô Mains sacrées,
    À vos poings, Mains où tremblent nos
    Lèvres jamais désenivrées,
    Crie une chaîne aux clairs anneaux !

    Et c’est un soubresaut étrange
    Dans nos êtres, quand, quelquefois,
    On veut vous déhâler, Mains d’ange,
    En vous faisant saigner les doigts !
    _________________

    Voir une image :
    Les mains de Jeanne et Laetitia

    Amicizia
    Guidu ________

Laisser un commentaire

Articles reliés