TDF - La revue de poésie et de critique d'Angèle Paoli

Terres
de Femmes

19 avril 2001 | Mort d’André du Bouchet

Publié le :

19 avril 2005

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Catégorie(s) :

Éphéméride culturelle à rebours





Le 19 avril 2001 décédait à Truinas (Drôme) le poète André du Bouchet, à l’âge de soixante-seize ans. Il était né à Paris le 7 mai 1924.







Tal Coat
Tal Coat
Portrait d’André du Bouchet, 1974.

Mine de plomb sur papier, 405 x 250 mm.
Collection particulière







Ce feu comme une main ouverte auquel je renonce à donner un nom. Si la réalité est venue entre nous comme un coin et nous a séparés, c’est que j’étais trop près de cette chaleur, de ce feu.




André du Bouchet, « Le moteur blanc », XIII, Dans la chaleur vacante, Mercure de France, 1961, in Dans la chaleur vacante suivi de Ou le soleil, éditions Gallimard, Collection Poésie/Gallimard n° 252, 1991, page 72.






Tombe André du Bouchet
Tombe d’André du Bouchet (Truinas, Drôme)
Ph. angèlepaoli (12 juillet 2018)




ANDRÉ DU BOUCHET


André du Bouchet  1977
André du Bouchet par Jean-François Bauret, 1977
Source





■ André du Bouchet
sur Terres de femmes


En pleine terre
Le moteur blanc
sur la terre immobile




■ Voir | écouter aussi ▼

→ (sur Terres de femmes)
20 avril 2001 | Philippe Jaccottet, Truinas
→ (sur Terres de femmes)
Isabelle Baladine Howald, La Douleur du retour (note de lecture)
→ (sur Terres de femmes)
Paule du Bouchet | Point final
→ (sur le site de Radio Télévision suisse)
Présence d’André du Bouchet (Entre les lignes, émission du 14 janvier 2013)





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3 réponses à “19 avril 2001 | Mort d’André du Bouchet”

  1. « [E]lle, la peinture, elle-même a été — de tout le long d’un temps pendant lequel, elle opaque, moi aveugle, je n’aurai rien vu, ou vu, là, que du rien — » (André du Bouchet).

    la soudure, d’un présent à ce que tu dis ici

    comment réparer comment cicatriser
    comment faire oublier l’inoubliable partage
    et la séparation

    emportant les différences la différence
    de soi
    ce lieu
    des tombeaux des cendres, de l’ombre
    limite provisoire perméable
    imprévisiblement

    passage
    l’image, alors relaie l’abstraction

  2. Serge Venturini

    Ô cœur fermé, ô cœur pesant, ô cœur profond,
    Jamais de la douleur prendras-tu l’habitude.
    Pierre Reverdy

    J’apprends cette froide nuit d’avril la disparition d’André du Bouchet. Un grand archer de la parole vraie n’est plus. Voilà quelqu’un qui savait garder ses distances, — une franche retenue contre tout lyrisme exacerbé. Sa poésie où flamboient le silence et l’espace fut une longue marche à la recherche du mot.
    La limpidité de sa parole brûlait comme de la glace. Il suffisait de l’entendre lire. Avivée, sa parole, dans la matière même de la langue. — Soufflée.

    L’homme vivait en marge à Truinas dans la Drôme sans compromis ni concession, comme Pierre Reverdy dans la Sarthe. « Importance de la marge, dans ce qui est écrit, dans ce qui est vécu écrivait le poète de Solesmes. Le plus vrai est là, qui jamais ne se montrera. » Rigueur et exigence dans la démarche de vivre et d’écrire.

    Point de biographie dans l’œuvre.
    Un trait là-dessus, — par intransigeance.

    Juste la parole qui déchire le ciel ou qui tombe pierre friable ou bloc irréductible.
    Juste le froissement du pas, de l’audacieuse marche, parmi les herbes de la montagne. Saisie dans l’intensité des éléments ; feu et glace, air et terre.
    Ici, rien d’abstrait. Ascétique est la parole incarnée dans le Verbe rugueux et minéral qui fracasse, — dans la mystérieuse avancée du souffle.

    Oeil d’aigle, si attentif au mouvement des choses et des hommes, à la clarté qui brusquement surgit, puis disparaît. L’arc du poète repose désormais dans sa masse, mais il nous laisse, le vol de la flèche ayant traversé les blancs de la page, les fruits écorchés, arrachés du néant, de sa quête abrasive dans la forge de l’air, — dans la rosée des livres.

    André, comme tu nous manques déjà.

  3. nobody

    Je m’arrête au bord de mon souffle, comme d’une porte, pour écouter son cri.

    Ici, dehors, il y a sur nous une main, un océan lourd et froid, comme si on accompagnait les pierres.

    André du Bouchet, Le Moteur blanc

    Enigmes à éroder
    à écorcer
    rythmes à reprendre
    à syncoper
    sans allégeance
    a cappella pour soi
    seulement      pour soi.

    Chacun qui s’éloigne ainsi nous prive d’un souffle, d’un rai qui compose la lumière essentielle, celle que nous cherchons malgré la distance…

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