TDF - La revue de poésie et de critique d'Angèle Paoli

Terres
de Femmes

Angèle Paoli | Venise mirage

Publié le :

29 mars 2005

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Catégorie(s) :

Topique : Amazone





Venise_mirage_miroir_dimages_
Image, G.AdC




VENISE MIRAGE

Venise mirage
miroir d’images
visages
de brume et de mer
rivages en partance
îlots défaits
cheveux dénoués
lagune mobile immobile
subtil mélange de terre et d’eau
vastes étendues planes
de bleus et de gris noyées
sables désertés
croisées d’ogives délaissées
miracle fragile des pas altérés
silhouettes enrobées
de vent vif et iodé
syllabes éparpillées
de leurs paroles bues
plages abandonnées
à leurs rêves
déchus

Angèle Paoli
D.R. Texte angèlepaoli





Voir aussi :
– (sur Terres de femmes)
Venezia 83.



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4 réponses à “Angèle Paoli | Venise mirage”

  1. Curieux, Venise = déchéance, souvent. Et pourtant : la joie de vivre, l’espièglerie des citadins, le chant du patois (qu’on parle encore!)… ?

  2. Merci Giulia de le rappeler. Fellini a bien rendu aussi compte de cela dans son film Casanova. Je renvoie à ce sujet aux « Imprécations à la reine » d’Andrea Zanzotto (sur Terres de femmes).

  3. Angèle Paoli m’a demandé des images pour ce texte.
    Je lui ai dans un premier temps répondu :
    « … ce texte est magnifique aucune image ne peut s’y accoler …
    les images sont TES mots et ils se suffisent à eux-mêmes ! »

    Jugez plus tôt :

    rage
    mages
    ages
    rivages
    ange
    noyées
    désertés
    délaissées
    altérés
    abandonnées
    déchus

    C’est ainsi AUSSI, que je vois Venise !
    Un mot souvent vaut dix mille images. Parole de photographe !

    Amicizia
    Guidu ________

  4. Chère Angèle

    Quand j’étais collégien c’est ce:

    VENISE ___
    de Alfred de Musset

    Que je récitais …

    ______________________________

    Dans Venise la rouge,
    Pas un bateau qui bouge,
    Pas un pêcheur dans l’eau,
    Pas un falot.

    Seul, assis à la grève,
    Le grand lion soulève,
    Sur l’horizon serein,
    Son pied d’airain.

    Autour de lui, par groupes,
    Navires et chaloupes,
    Pareils à des hérons
    Couchés en ronds,

    Dorment sur l’eau qui fume,
    Et croisent dans la brume,
    En légers tourbillons,
    Leurs pavillons.

    La lune qui s’efface
    Couvre son front qui passe
    D’un nuage étoilé
    Demi-voilé.

    Ainsi, la dame abbesse
    De Sainte-Croix rabaisse
    Sa cape aux larges plis
    Sur son surplis.

    Et les palais antiques,
    Et les graves portiques,
    Et les blancs escaliers
    Des chevaliers,

    Et les ponts, et les rues,
    Et les mornes statues,
    Et le golfe mouvant
    Qui tremble au vent,

    Tout se tait, fors les gardes
    Aux longues hallebardes,
    Qui veillent aux créneaux
    Des arsenaux.

    Ah ! maintenant plus d’une
    Attend, au clair de lune,
    Quelque jeune muguet,
    L’oreille au guet.

    Pour le bal qu’on prépare,
    Plus d’une qui se pare,
    Met devant son miroir
    Le masque noir.

    Sur sa couche embaumée,
    La Vanina pâmée
    Presse encor son amant,
    En s’endormant ;

    Et Narcissa, la folle,
    Au fond de sa gondole,
    S’oublie en un festin
    Jusqu’au matin.

    Et qui, dans l’Italie,
    N’a son grain de folie ?
    Qui ne garde aux amours
    Ses plus beaux jours ?

    Laissons la vieille horloge,
    Au palais du vieux doge,
    Lui compter de ses nuits
    Les longs ennuis.

    Comptons plutôt, ma belle,
    Sur ta bouche rebelle
    Tant de baisers donnés…
    Ou pardonnés.

    Comptons plutôt tes charmes,
    Comptons les douces larmes,
    Qu’à nos yeux a coûté
    La volupté !

    __________________________

    Aujourd’hui (hè !, u tempu passa…!)
    je vous offre le vôtre !!!

    Amicizia
    Guidu ___

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