![]() Mercredi 9 mars 2005, Printemps des poètes, Amiens. Françoise Jones lit plusieurs de ses poèmes devant deux de ses toiles. Verdures au vide appendues cris noués Transports d’ailes saisies Griffon Nasse que saturent des silences ouvrés Françoise Jones, Transports d’ailes saisies, recueil de poèmes, éditions Laurence Mauguin, 2003. BIO-BIBLIOGRAPHIE Françoise Jones est née en 1947 à New York, et vit à Paris. Enseignante en ethnologie et sociologie à la faculté de philosophie et de sciences sociales d’Amiens, poète, peintre et graveur, elle se refuse au mélange des genres. Dans chacun des territoires qu’elle arpente, Françoise Jones crée une œuvre indépendante et exemplaire, qui vit avec son point fusionnel propre. Pour elle, l’âge d’or est celui de l’enfance préscolaire où elle a découvert « les couleurs, les lignes, les mots ». Depuis lors, « elle peint, elle dessine, elle écrit, et marche à la découverte d’un jardin (le premier) mi-corseté, mi-friche en verger ». « Couleurs et lignes et mots ne sont pas pour moi « réels », c’est-à-dire présents, en tant qu’eux-mêmes. Tableau ou poème ne sont pas d’abord objet, chose, mais lieu de pertinence et moment opportun entre dicible et lisible, configuration et vision. Dans ce qui est peint, gravé, écrit, le blanc comme le silence, s’imposent nécessaires à la tension des mots écrits et dits, du noir, des couleurs, du sens qui ne se réduit pas à la signification : s’il y a vide, qu’il soit espace où l’air circule, et non pas néant. Ainsi au-delà de toute attente d’intelligibilité immédiate, figuration ou abstraction, l’œuvre, qui est surgissement, offre la présence conjointe de l’échelle et de l’énigme. » Françoise JONES « Comment aborder une œuvre, celle de Françoise Jones, qui est simultanément poésie et peinture, issues l’une et l’autre d’une seule et même expérience originelle, de soi et du monde ? La poésie ici paraît d’abord intimement liée à l’organisation de l’espace, alors qu’elle est un rythme temporel qui, merveilleusement, s’amplifie à travers un nombre restreint de mots, parfois une dizaine, mots pourvus d’un extraordinaire pouvoir d’aimantation, qui s’attirent et se repoussent, pour créer un champ magnétique d’une extrême densité. Le vide y joue un rôle essentiel, permettant la circulation d’une énergie que la voix projette dans une parole à la limite du dicible et qui devient ces signes tracés qui attendent un autre regard, une autre voix pour s’incarner de nouveau. » Sami Ali, Paris, 2004 |
■ Laurence Mauguin sur Terres de femmes ▼ → Vert pourtant d’une nuit dormante ■ Voir aussi ▼ → (sur le site des éditions L. Mauguin) la page consacrée à Françoise Jones → (sur Terres de femmes) Laurence Mauguin | Libre parole |
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