À l’occasion de l’anniversaire de la proclamation d’indépendance du Maroc, le 2 mars 1956, j’ai choisi ce poème de la poétesse marocaine Touria [ou Touriya] Madjouline (une enseignante d’Oujda, née en 1960 à Settat), poème extrait d’une anthologie récemment parue aux éditions La Différence : La Poésie marocaine de l’Indépendance à nos jours.
Touria Madjouline était présente aux Deuxièmes Rencontres Internationales de Poésie de Marrakech (16-19 mars 2005).

Ph, G.AdC
FEMME DE ROSEAU
« Il m’a abordée
avec cette arrogance dans les yeux
et m’a juré que j’étais
ce qu’il avait vu en premier dans l’univers
la dernière ombre où il avait trouvé refuge
puis il s’est abattu
cherchant dans mon rêve et ma réalité
un sauf-conduit
pour me détruire
La langue de l’écoute bâille dans ma voix
Comme si tu étais le vent habitant mes profondeurs
comme si j’étais l’arbre emporté par les soupirs
Et je me suis réveillée de toi
Laisse-moi prendre appui sur ma blessure
et m’en aller
Tu ne sais pas encore
que je ne suis plus simplement
l’un de ces signes féminins
ou n’importe quelle autre lettre tordue
C’est une femme de roseau
qui s’habille de tes yeux
de tes mains
et avale calmement tes paroles
Toi
tu prends ce que tu veux des jours
tu sèmes ce que bon te semble d’illusions
Elle
s’écroule à la fin de la nuit
comme l’herbe noire
essuie ses larmes et dort »
Touria Madjouline, Les Accablés (traduit de l’arabe) [Al-Joussour, Oujda, 2000], La Poésie marocaine de l’Indépendance à nos jours, anthologie, La Différence, 2005, p. 172.
Voir aussi : – (sur Terres de femmes) Widad Benmoussa/Certitude ; – (sur Terres de femmes) Rachida Madani/Le temps qui passe ; – (sur Poetry International Web) une notice sur Touria Madjouline. |
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