TDF - La revue de poésie et de critique d'Angèle Paoli

Terres
de Femmes

Angèle Paoli | Castifau

Publié le :

12 février 2005

/

Catégorie(s) :

Catégorie Rêves de femmes
(hommage à Hélène Cixous)




Castifau_
Église de Castifau.
Image, G.AdC




CASTIFAU

église
éventée
échevelée
tronquée
nef désertée
vaisseau fantôme
sur la découpe
des aiguilles de Popolasca
ogives crucifiées
croix déjetées
désaxées
marbres brisés
tombes éventrées

rêves de têtes
de femmes
jonchant la glèbe
cols rougeâtres
striures de sang
coagulé
visages évidés
de femmes décapitées
« corps nuds sans teste »

yeux révulsés
lèvres torses
grimaces aiguës
traits distordus
chevelures entorsadées
de satins blancs
translucidité
de linceuls
maculés de noir

têtes
jetées en tas
monticules têtus
« testaccio »
de crânes ébréchés
golgotha
de boulets oblongs

têtes
disloquées

dépareillées
têtes

Angèle Paoli
D.R. Texte angèlepaoli



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Une réponse à “Angèle Paoli | Castifau”

  1. Le désert de l’oubli_______________

    … A trois quarts d’heure de Gizeh, les emmarchements des temples funéraires étaient indéchiffrables, immenses, mystiques. La colonne brisée, coiffée d’un chapiteau à feuilles d’acanthe qu’ils avaient entrevue au milieu des tombeaux, se dressait encore solitaire, comme un survivant parmi des gisants. Son regard condescendait le monde dans un mépris de la mort. Plus loin, au-delà, bien plus à l’ouest, là où les bras du Nil faisaient naître les montagnes, la lumière inachevée du désert avait illuminé leurs trop vastes journées. Les heures harassantes perdues à traverser les vallées où se reposaient les rois. Les collines incendiées de soleil, l’embrasement de chacune d’elles, les mille obscurités qui n’avaient jamais pu recouvrir complètement les sépultures pharaoniques, tout était encore vivant.
    Il se souvint de leur solitude à la tombée de la nuit, elle avait pris des teintes plus aiguës. Il leur avait fallu abandonner la fin du jour aux languissantes torpeurs de la nuit. Les bruits pourtant infimes avaient enfin eu raison de l’angoisse et, d’une étrange manière, ils avaient conclu que l’imaginaire les rendait fous…

    Extrait du – Journal d’un piètre séducteur – , auteur inconnu

    Amicizia
    Guidu _________________

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