TDF - La revue de poésie et de critique d'Angèle Paoli

Terres
de Femmes

Angèle Paoli | Tourner la page Affranchie

Publié le :

04 janvier 2005

/

Catégorie(s) :




Michelangela
Michelangela_
Michèle Jeanne Angèle (Michelangela)
par Guidu Antonietti di Cinarca
.



Connivence Complicité Complexité
goût du furtif du fugitif Échange
parole et plume dire se dire Chercher
plaisir d’être là simplement Là
chaleur de la chair Brillance des Mots
chatoiement du langage Rythme
de la phrase du Crissement de la plume sur le Papier
saccade des doigts sur les touches Poids des mots qui Tombent
s’incrustent Taches Noires
la page blanche éclatante et Blanche
fenêtre vide miroir Glacé
accueillante pourtant Page Promesse
du non encore dit Page Plage
écume noire Appel du Large
page voyage Magie
du lacis emmêlé des Lettres
laisser courir se laisser Bercer
percer encore les mots en Pavois
fête des mots Éclat et Choc

Tourner la page Affranchie

D.R. Texte angèlepaoli




Clats_dcriture
éclats d’écriture



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5 réponses à “Angèle Paoli | Tourner la page Affranchie”

  1. M.P.

    Croire
    Circuler
    Crapahuter
    dans le Rêve Intérieur
    toutes baies réouvertes…
    Laisser entrer les graines de
    lumière, ce pollen insolent
    échappé d’une île à demi confisquée…,
    lumière bleue tout juste
    débarquée à l’aplomb
    des meilleures affluences.

    Ton petit port est calme et
    ta plage assagie.
    Ce que tu vois au loin
    te parle un vrai langage,
    affranchi comme on voit
    au tarif des préférences…

    J’estampille pour toi une lettre
    continentale
    bordée
    d’algues et de
    sel non frelaté.

    Je t’embrasse dans l’eau…
    Mienne Soeur de Haute Mer et
    de Larmes Subaquatiques…

  2. Rebonds, ricochets
    chatoiements
    ils dansent
    dans la nuit la plus sombre
    dans le feu du jour
    se cherchent se chevauchent
    s’accouplent et se descellent
    ils sont la mesure l’aune
    eux les ambivalents
    plus fidèles des faux amis
    plus infidèles des amis
    Comme le silex jadis frotté
    ils peuvent faire naître
    renaître l’étincelle
    ils circulent s’essaient
    se touchent se défont
    s’enlacent se déprennent
    reviennent à l’assaut
    s’effondrent
    parfois on croit les semer
    comme petits cailloux ciottolini
    et ce ne sont que mies de pain
    vite mangées par les oiseaux uccellini
    souvent on les croit vains
    « et néanmoins »
    on continue à les assembler
    les limer les ajuster
    les adresser les envoyer les poster
    avec l’énergie du désespoir
    petits sysiphes dérisoires
    qui tentent sans fin
    de les faire vivre une fois encore

    pages tournées pages écornées
    pages relues pages noyées
    pages brûlées autodafé
    pages à relire à réécrire
    à recomposer

    « Écrire comme lire cherchent et c’est tout. Lire cherche un lien qui se passe de visage. Écrire cherche un état que la langue ordinaire ou orale ou nationale ne reconnaît pas. Je cherche quelque chose dont la non-reconnaissance est peut-être le signe » (Pascal Quignard , Dernier royaume, tome IV, Les paradisiaques, Grasset, 2005, p. 49.

  3. M.P.

    Les Mots d’Amour sont des lièvres
    qui ne se laissent pas colleter
    où que ce soit, dans le Maquis
    ou
    la Garrigue…

    Les femmes brunes ont forgé leur
    clairvoyance sur l’enclume
    des
    transformations inéluctables
    sous la férule
    du Désir érigé…

    « Les Mots ne remplacent pas le
    Désir » a-t-on lu récemment…
    Et ce n’est pas réciproque…
    Oui ! tant mieux , et tant pis aussi…

    L’empire des sens n’a pas
    de frontière ni de champ
    lexical exclusif…

    Apprendre réapprendre
    l’insularité sensuelle
    est une manière
    de rédemption insolente et
    salvatrice

    Aimer c’est perdre
    sans anicroche
    ni fierté
    mal endiguée

    Aimer c’est savoir
    éteindre les ultimes braises
    avant de s’éloigner

    dans l’idée de ne plus à faire redouter
    à quiconque
    la futile flambée
    des rancœurs ignorées

  4. MONOLOGUE

    Derrière le mur des passions
    J’entends s’agiter les ailes du verbe.
    Dans l’absurdité esthétique du langage
    Tu es parvenu à te situer
    Voilà qui est bien, car autrement
    Il se serait installé entre nos âmes
    Un épais rideau de mots.
    En voulant l’abattre nous nous serions retrouvés
    Sous un amas déconcertant de décombres meurtriers.
    Nous saisir à bras le corps
    Pour annoncer par delà le globe
    Nous ne sommes pas si sûrs d’exister
    Car il n’y a rien de plus périlleux
    Que de marcher sur un fil
    Large de milliers de kilomètres.

  5. M.P.

    EPILOGUE

    « L’épais rideau de mots »
    s’effiloche à la paroi des pudeurs
    « car il n’y a rien de plus périlleux »
    que d’y dégrafer les peurs nues
    Tu ne conçois ta vie
    qu’en aval des certitudes
    tu en changes pourtant
    comme on quitte un bivouac,
    un amour, un refuge

    tu es presque « sûre d’exister »
    « l’annoncer » est dérisoire…
    tu mets le feu aux verbes
    en haut des tours de guet
    La femme et son petit bois
    peut nourrir ta faction

    A la cime des Voix
    La passion te ranime

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