I.
Aprile
Quello stormire violento di uccelli, quel loro vezzoso
Rialzarsi in sciami dagli alberi più duri (Amelia Rosselli)
Ho sempre avuto paura di voi.
L’ombra del volo sulle facciate,
Le piume nelle scale, il battere sordo
Delle ali intorno al corpo pieno
Di organi e viscere come umani.
La minaccia costante nelle strade
Di essere colpiti, di essere sfiorati.
I muscoli in allerta, le pupille dilatate.
La testa inchiodata a un solo pensiero.
Com’è possibile difendersi da ciò
Che ci minaccia o ci reclama dall’alto.
I.
Avril
Ce bruissement violent des oiseaux, leur gracieux
essor en essaims depuis les arbres les plus durs.
Amelia Rosselli
J’ai toujours eu peur de vous.
L’ombre du vol sur les murs,
les plumes dans les escaliers, le battement sourd
des ailes autour d’un corps plein
d’organes et de viscères comme chez les humains.
La menace permanente dans les rues
d’être heurtés, d’être effleurés.
Les muscles en alerte, les pupilles dilatées.
La tête clouée à une seule pensée.
Comment est-il possible de se défendre de ce
qui nous menace ou nous réclame d’en haut.
II
Procne Machine
Coda di serpe
Nella versione del mito di Ovidio, Procne e sua so-
rella Filomela fuggono dopo aver dato il piccolo Iti in
pasto a suo padre Tereo. Tereo è il marito di Procne.
Tereo ha stuprato Filomela in un bosco. Le ha tagliato
con la spada la radice della lingua.
La lingua mozza giace a terra, racconta Ovidio, sul
suolo nero di sangue. Guizza come la coda di una ser-
pe che si fa sempre più debole mentre cerca il resto del
corpo, l’intero cui appartiene.
Procné et Philomèle, aquarelle d’Alma Trüb
II.
Procné Machine
Queue de serpent
Dans la version du mythe d’Ovide, Procné et sa sœur Philomèle
prennent la fuite après avoir servi le petit Iti en repas à son père
Térée. Térée est l’époux de Procné. Térée a violé Philomèle dans
un bois. Avec son épée, il lui a coupé la langue à la racine.
La langue tranchée git à terre, raconte Ovide, sur le sol noir de sang.
Elle frétille comme la queue d’un serpent qui devient de plus en plus
faible tandis qu’il cherche le reste du corps, le tout auquel il appartient.
Traduction inédite d’A.P.
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