D’un bord à l’autre des couleurs
de l’ébène à la neige
du repli à l’éclat
oubliant l’horizon
tu progresses
l’abîme se dissout
dans le nid de la plaine
tu laisses couler l’encre
en faveur des rivières
Nœuds arrachés pour une alliance
de lignes qui s’étoilent
Les mots ne sont rien sans
matière ni main qui
se frotte au battement
de ce corps animal
bercement
dans la marée du souffle
peu importe le noir
Le soir s’étire dans les mots
jusqu’à ce que la nuit
étincelle d’empreintes
essoufflées éclatantes
où mon corps réapprend
à parler
découvre entre les muscles
la béance des signes.
Sabine Dewulf La ferveur des rivières, d’après les encres de Florence Saint-Roch, Poésie, Éditions Musimot 2025, pp.11,16,17.

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