Camells voltaven per la plaça, flacs
de l’espera que els corca. Cap rosada
no ha de rebre’ls. Ocults, hem conduït
els nostres besos des del foll silenci
fins als afores, enllà del prigó
on comencen les feres : fora vila.
Un volt d’estels ens mira. Pacient,
amb els cabells el meu nos caminaves,
calmaves amb les mans la meu por.
Em deies tots els noms : bernat pescaire,
corb marí, trencalòs, mifa, mussol.
De tot me’n quedarà un únic neguit :
els teus ulls dins la fuga de la nit.
***
Des dealers tournaient sur la place, étiques,
rongés par l’attente. Aucune rosée
ne doit les recevoir. Nous avons caché
nos baisers depuis ce silence fou
en dehors de la ville, au-delà du calvaire
où les bêtes sont reines : hors les murs.
Mille étoiles nous regardent. Patiente,
de tes cheveux tu parcourais mon corps,
apaisant ma frayeur entre tes mains.
J’avais droit à ces noms d’oiseau : héron,
cormoran, vautour, hibou, chevêchette.
Il ne m’en restera qu’un seul regret :
tes yeux lors de cette fugue nocturne.
Joan Todó, « La vista als dits », « La vue au bout des doigts » in La vue au bout des doigts précédé de Fossiles (« En plein ciel ») et de Le dégoût qui vous aveugle. Traduit du catalan par François-Michel Durazzo, Le Taillis Pré 2024, pp.220,221.

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