chaque jour l’écrivaine au seuil des songes l’aube signe sa
page de commencement
j’ai trouvé au bout du jardin mon poème éclos dans les langues
d’un rien de terre
il ouvrait de grands yeux étonnés se demandait de quels vertiges il venait
de quels vestiges
je l’ai pris dans le creux de ma main et lui ai montré la direction
des quatre point cardinaux
paragraphe après paragraphe j’ai tracé des murets autour de la
maison comme on écrit une histoire comme on borde un tout petit
et un étrange grand enfant est passé près de la barrière
il portait un bouquet de nigelles et de centaurées
et aux bras et à l’âme des mots blessés et des bleus qui appelaient
je lui au offert le gîte et l’ouvert de mon oreille
estela raior
lo fuèc al canton sobeca jos la cendra de la nuèch que s’acaba
vertat estujada que cerca d’espelir e que creis que la ten la paraula
per trencar
étoile lueur
le feu au foyer somnole sous la cendre de la nuit qui s’achève
vérité cachée qui cherche éclosion et croit savoir le mot pour s’écrire
Adeline Yzac, Masousera ma maison, traduction en castillan : Jean-Gabriel Cosculluela,
couverture : série « Respirer grand », détails lavis d’encre et poussière d’ocre du Luberon 50×70
©Patricia Stheeman, Éditions Musimot, 2026, pp.17,18,19

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