parfois j’ai pensé la vie plus simple si tu mourrais
un an
je suis assise
à la même place
assise il faudrait être granit
je ne pourrais jamais
jamais jamais
il m’est de plus en plus difficile d’écrire
peut-être parce que je n’arrive pas à écrire
le néant
peut-être parce que je n’ai que ça à écrire
sur la terrasse de l’immeuble
on regarde le ciel gris de poussière
depuis là
on peut voir le cimetière saint lazare de béthanie
bordé par les vendeurs de plantes et les quatre voies
de la vdn
nous sommes à liberté 6 extension
cela fait plusieurs années que nous n’avons pas habité
un appartement de ce standing
sur la terrasse on regarde le ciel et on discute
ça sent la cigarette et le café
ça sent la poussière et la lessive
le linge des voisins sèche
nous lavons notre linge au pressing
l’ancien appartement
celui où j’ai été la dernière fois
n’est pas très loin
l’école des enfants
n’est pas très loin
les meubles sont neufs
avec jilani on achète des plantes à côté du cimetière
je me réveille et ça ne change rien
ihsane guyot, un tas de sable, L’herbe qui tremble, en Poche, 2026, pp.14, 15, 16, 17, 18, 19.
Laisser un commentaire