Sur la sauterelle et le grillon
La poésie de la terre ne meurt jamais :
Quand tous les oiseaux abattus par la chaleur du soleil
Se cachent sous la fraîcheur des arbres, une voix courra
De haie en haie le long des prés nouvellement fauchés ;
C’est celle de la sauterelle – qui conduit le concert
Dans la volupté de l’été ; inépuisables
Sont ses délices ; et, lorsqu’elle est lassée de ses jeux
Elle se repose à l’aise, abritée sous quelque roseau hos-
pitalier.
La poésie de la terre ne cesse jamais :
Par une solitaire soirée hivernale, quand la gelée
A imposé un silence général, dans l’âtre grince
Le cri du Grillon, dont la chaleur augmente l’acuité ;
Il semble au dormeur à moitié assoupi
La voix de la sauterelle parmi les collines herbues.
John Keats, Poèmes et poésies, Préface de Marc Porée, Traduction de Paul Gallimard, Éditions Gallimard 1996, p.57.

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