VITESSE CROISIERE
mon champ de vision tourbillonne de tempêtes
et la largeur de ton regard sous tes cheveux blonds.
ce en quoi nous conduisons chuchote en bleus et en
nuages.
nous creusons jusqu’à nos doigts
entre ciels et asphaltes,
flashant parmi des branches qui tiennent à peine
dans une réalité de couloirs.
je n’ai d’yeux que pour toi, pour tes cuisses musclées.
le long des berges je te peigne.
j’observe tes cumulus.
sont-ils épousables ? leur robe d’une si fine filature.
et doucement je pénètre ton présent
entre ciel et terre
sous le soleil, sous la petite lune
comme ça plaît à mon organe
le cœur

Temps du Bodan, vue d’Alt-Hohenfels sur Sipplingen et du Lac de Bodan (1829) © Godefroy Engelmann.
ÉPOUSAILLES EN QUELQUE SORTE
mon instinct est désir grand vent.
ton regard membre qui bande.
plus tard les nuages collent haut sur la route.
je me suis apaisée
en t’épousant sous puissante radiation.
notre horizon est attisé à perte de vue dans un
paysage qui semble acquis.
je te parle à lèvres verrouillées –
ton regard est l’érection que mon âme désire.
ce que j’y trouve m’y faufile.
et quand tu glisses la petite vitre sous les collines
je tourne tissu exquis
câblage sur des centaines de mètres
par-dessus les sapins
autour de ton soleil doré
le cœur
***
PÉRIL DE LA LUXURE
haut sur les champs l’œil traverse à gué
les ensorcellements.
le voyage est une illusion, une insolite promesse.
l’instinct éclate dans le cœur
par un ciel qui vire abrupt dans les roseaux.
le long des blés les saules s’agitent et les fraises
creusent sous plastique.
leur exhibition est luxure sous le soleil.
leur couleur lustre sur le village où roulé
le paysan coince dans les balles de foin
son cœur enchevêtré dans la Crête du Bodan,
embrouille bourdonnante,
oublieuse des tomates qui rament par les champs
l’œil
Elke de Rijcke, « Bruxelles . Bodan » Trajet en Citroën in Paradisiaca. Un Lac-Opéra, Éditions MF, Poésie Commune 2026, pp.13,14,15.

Laisser un commentaire