Suis-je la même étrangère
aux orties dans la voix ?
La frontière
passe à travers mes reins
le corps de chaque lettre
est là
Ma voix guette les accents
sous une autre neige
***
Avec un filet d’eau à exalter la tasse,
je franchis les bords de la sérénité
les clapotis les plis les tons d’une voix
-le papier est habité-
Dans l’éveil fugace tout est rond,
avec Walt Whitman
les eidolons fomentent les pages
Je demeure muette avec Vénus
elle m’ignore
elle s’efface à tâtons dans mon œil
je me rendors
À l’aube
je retrouve les Feuillets d’herbe
en épithalame du poète avec la lumière :
quel ciel agrandi devant la fenêtre ?
Pleureur, un cèdre découpe mon horizon
Luminitza C. Tigirlas, « Densifiant les sillons de paroles » in Nible / L’oubli en deuil de son écorce
Éditions du Cygne 2026, pp.36, 41.

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