Une peinture de mon ami
Le ciel, dit-il, est au fond du puits
Dans les algues vertes
Un tissu lancé dans la mare
(une main est posée sur nos yeux)
Ciel d’algues enlacées
Je retrouve les dessins
Posés contre le mur
Dans un grand classeur
bleu
brûlé de lumière
j’entends dès qu’il approche
le sel sur la peau
l’odeur de mer
et d’enfance
flaque sonore
Tout est salé, laisse des traces aux commissures
Je les revois ainsi, chaque jour
passants et ombres
commencent à bouger
à se défaire chairs ongles
cheveux
lambeaux de nous
tombés
ici et là
qui nous a oubliés
seule petite araignée
ou grains de poussières
pour nous éclairer
Une mouche sur le rideau
Croise ses mains et ses pieds
Sur le Fin cercle de lumière
Fabienne Courtade, « En haut de la rue le ciel tout irisé » in Chant du coq sauvage, MONOLOGUE, revue de langue et de littérature 2025, pp. 46,47.
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