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LA NUIT D’AVRIL
Sur la ville vide flotte un crépuscule couleur de fumée Tandis que monte de la terre une encre épaisse entre les herbes Ainsi naît la nuit Deux lèvres sombres se rejoignent pour avaler un paysage Des cheminées de toits d’ardoise et d’arbres bientôt disparus Dans le petit jardin carré où tombe aux épaules un vent refroidi Seul le chat glissant sa soie entre mes jambes me confirme mon existence Ni les parfums que prudemment les fleurs replient ni les yeux inutiles N’offrent plus rien à percevoir Qu’une longue haleine de cave Il ne reste de vie que sur la peau un passage de givre Le frémissement de la nuit d’avril Et à la bouche l’amertume d’un soudain goût de sel Avance heure obscure entre plus profondément dans les veines Comme à la noyade une eau noire emplit peu à peu les poumons Je ne ferai en rien obstacle à l’inondation Déjà le grand buvard a bu les derniers îlots de pâleur Mes mains de farine dévorées par l’ombre À mon visage la nuit impose un long loup de velours Quand le corps tout entier recouvert du drap noir aura cessé de vaciller Quand se seront éteints les derniers restes d’être Nous saurons ce qu’est le silence. Olivier Barbarant, Un printemps divers in Contre-allées #42, revue de poésie contemporaine, été 2020, pp. 2-3.
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OLIVIER BARBARANT![]() Source ■ Olivier Barbarant sur Terres de femmes ▼ → Une vie (extrait d’Élégies étranglées)> ■ Voir | écouter aussi ▼ → (sur le site de France Culture) Alain Veinstein reçoit Olivier Barbarant pour ses Élégies étranglées (émission Du jour au lendemain du 30 mars 2013) → (sur le site du cipM) une notice bio-bibliographique sur Olivier Barbarant |
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