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JOUR 13
Cyprès, entre table et chaises, entre couteau et assiette, regards derrière une bouteille, un verre d’eau, un quignon de pain sur la nappe à carreaux s’effrite. Il ou plutôt elle, ils s’évitent. Les bavardages vont bon train à la tribune. Une main agile perçoit le léger tremblement de la surface formica, le palpitement du pouls à la base du cou, sous la pomme d’Adam. Les bords des paupières s’enflamment. De l’amour peut-être, sans doute du désir. La lune est dentelle à la brume. Sous le pêcher deux belles âmes. L’une aussi claire que l’eau. L’autre aussi profonde que le puits du sourcier. Une chauve-souris, une peur, et les âmes se grisent, dans la chair nocturne. Deux cousins pattes filent et fragiles dans une lueur. Avant la fin. L’une dit à l’autre que rien. L’autre plus circonspecte dit que possible. Sofia Queiros, Une même lunaison, éditions Isabelle Sauvage, Collection présent (im)parfait, 29410 Plounéour-Ménez, 2019, pp. 32-33.
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SOFIA QUEIROS![]() Source ■ Sofia Queiros sur Terres de femmes ▼ → Normale saisonnière (lecture d’Isabelle Lévesque) → Normale saisonnière (extraits) → et puis plus rien de rêves (extraits)[+ une notice bio-bibliographique] → [je à la pointe du jour] (extrait de Sommes nous) ■ Voir aussi ▼ → (sur le site des éditions Isabelle Sauvage) la fiche de l’éditeur sur Une même lunaison |
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