|
JOUR 7
Je ne vais pas sur la mer car il faudrait être la mer elle-même et je ne peux naviguer sur elle à tant vouloir m’y perdre je ne saurais plus flotter (liège éperdu de chair et d’os plus légers que l’air). Elle vient à moi l’île où tout se fait possible l’extrême instant figé dans l’aube fusionnelle comme un horizon. Je me radoube ou me consume c’est au choix je veux voir des agapanthes des papayers des choses qui font frémir. J’y suis maintenant comme installée passagère arrimée à bâbord tourbillons offerts à tribord indélogeable. Le temps n’a plus de prise sur le corps je vais de seconde en seconde goutte à goutte. Alors ce qui brise ce qui sature et qui suture cicatrices mal effacées contusions des mots des autres (n’importe plus). Rassemblée tout entière concentrée dans la force éparse je suis sur une île. Adeline Baldacchino, Atlantides in Théorie de l’émerveil, Les Hommes sans Épaules éditions, 2019, pp. 139-140. Postface de Christophe Dauphin.
|
| ADELINE BALDACCHINO ![]() Source ■ Adeline Baldacchino sur Terres de femmes ▼ → Théorie de l’émerveil (lecture d’AP) → Le perroquet à la langue de bois (poème extrait du Chat qui aimait la nuit) → [De l’autre côté de la nuit] (poème extrait de De l’étoffe dont sont tissés les nuages) → 13 poèmes composés le matin (pour traverser l’hiver)[lecture d’AP] ■ Voir aussi ▼ → (sur le site des éditions Les Hommes sans Épaules) une notice bio-bibliographique sur Adeline Baldacchino → (dans la Poéthèque du site du Printemps des poètes) une fiche bio-bibliographique sur Adeline Baldacchino → (sur Terre à ciel) un entretien d’Adeline Baldacchino avec Sabine Huynh (+ 7 poèmes inédits et une notice bio-bibliographique) |
Retour au répertoire du numéro de septembre 2019
Retour à l’ index des auteurs

Laisser un commentaire