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[TES MAINS SONT VENUES]
A Juan Goytisolo Tes mains sont venues par d’autres mains et les abeilles ont rempli ma bouche Dans sa maison la lumière épaissit les murs Les arbres ont des cheveux longs et ne veulent pas aller chez le coiffeur Les mots sont à l’envers et le tableau noir se lave à la rivière Les ciseaux dans le ciel remplacent les hirondelles Une rose extraite de ton bouquet sur la table ouvre le coffre-fort des étoiles tu es devenu un gardien maintenant Les sauterelles remplissent le téléphone et ta voiture en carton stationne au milieu de tes livres fermés Les bouteilles sont remplies de photos où je me reconnais Sur les murs seules les ficelles sont restées car les tableaux sont allés rejoindre les mains qui les ont faits Tu continues à me voir parce que je te lis et tu me donnes un coquillage pour que je puisse continuer à t’entendre Tes yeux restent de petits vélos de verre Serge Pey, « Poèmes » in Phoenix, cahiers littéraires internationaux, n° 29, 2018, pp. 11-12.
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| SERGE PEY ![]() Ph. D.R. Source ■ Serge Pey sur Terres de femmes ▼ → Le poème est une oreille (extrait de La Main et le Couteau) ■ Voir aussi ▼ → le site officiel de Serge Pey |
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