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ARCASSE Vois l’eau trouble — tout bas J’ai mis un doigt sur ta bouche Mes seins se sont posés sur l’os de tes ponts Recueille l’eau troublée J’ai marché sur la bouche je suis vide— essuie moi (et ce bateau qui tangue juste au-dessus de nous) * J’ai dormi sous les ponts quand tu n’étais pas là J’ai vu ton cœur gonflé — il était bleu — et son humidité (C’est la faute des abeilles si l’eau trouble est sucrée) J’ai nagé pour t’atteindre Je suis ce que tu vois de jaune de pollen qui colle sous tes doigts * J’avais une escarcelle l’as-tu trouvée dans l’épisode ? Tu es nu dérouté Pardonne-moi Je ne l’avais pas vu (Moi j’ai froid) *
Quand l’enfant sera né tu pourras boire le lait rose des seins — le jour où nous manquerons d’eau — mais avant ça ramasse tes côtes et suis-moi ! Éléonore de Monchy, « Les Berges du silence » in À tire-d’os, Revue NUNC | Éditions de Corlevour, 2018, pp. 18-19. Préface d’Emmanuel Moses. ![]() _________________________ NOTE : ouvrage disponible en librairie le 18 janvier 2018. |
| ÉLÉONORE DE MONCHY
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