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[C’EST L’AUTOMNE, LE CIEL EST CREUX] c’est l’automne, le ciel est creux et c’est l’après-midi de grands arbres tumultueux au bois dur, parfumé diffusent une lueur de peine et l’amant, par ces allées où la lumière se traîne erre, discret dans cette douleur vacante, cherchant, meurtri à se vêtir d’obscurité dans le ciel égorgé ce soir encore tu fonds sur mon épaule amour au plumage enflammé tu t’accroches morsure dans ma chair brûlure amère des jours perdus des joies limpides auxquelles je n’ai su boire la nuit lenteur le monde en équilibre les choses éclosent j’oublie ma densité j’avance un pas un mot sur le fil du poème la langue un gouffre et le sens un vertige je veille j’attends les yeux ouverts le vol des rêves et son bruissement aveugle la lune — un instant — crève les nuages me poignarde innocente insensée moi — rien que cette coïncidence Nicolas Waquet, Puisqu’il fait jour, 7, Éditions de Corlevour | Revue Nunc, 2017, pp. 51-52-53-54.
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NICOLAS WAQUET
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