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LE NOM DES PLUIES
J’aurai suivi toute bête et la chevêche s’éveille orpheline Apprenant les traces et le patois nocturne comme une gerbe s’enroulent les prières Un pli de la terre retient les chants d’oiseaux inclassables Un feu et l’herbe luit — impardonnée L’amour guetté comme un gerfaut à l’étroit dans son vêtement de terre Tel un songe — des buissons en flammes l’invisible maison à l’éclat de sève et le deuil et l’ardente épine À se perdre dans le souffle il est seul hôte patient avec sa blouse de feuilles Sa demeure n’est qu’un arbre Il va ramassant l’écorce toutes les clefs de la pluie à la bouche Je vois tomber ses mains blanches Personne ne pleure pas un cri rien que les copeaux du temps le vin tiré la table des bûcherons Le sang lointain tache la roue d’un paon […] Aimant les tendres pluies dans le sommeil qui ferment leurs poings d’enfant Je suis sans voix sans rêves au trébuchet des nuits et la hulotte sur les forêts voisines vient secouer son hochet de sang Au versant des collines les passereaux — voyageurs éduqués par le chant Ses yeux clos sous la paupière de neige Un homme récite l’interminable deuil La nuit découpe les lisières Pierre Voélin, « Lents passage de l’ombre », 1 in Sur la mort brève, Fata Morgana, 2017, pp. 21-24. Dessins de Gérard Titus-Carmel.
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| PIERRE VOÉLIN ![]() Ph. © ladogana.ch Source ■ Pierre Voélin sur Terres de femmes ▼ → [Être dans le pas des chevaux] [To Follow The Horses’Hoof Steps] (extrait de La Lumière et d’autres pas) ■ Voir | écouter aussi ▼ → (sur le site de la Fondation Rilke) une notice bio-bibliographique sur Pierre Voélin → (sur le site de la Radio Télévision Suisse francophone) Pierre Voélin : « Des Voix dans l’autre langue » (Entre les lignes, 7 août 2016) |
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