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THE BLACKSIDE
It’s good to be the Blackside for we know that in this land the fire-hardened tree survives where others — yew and poplars the fir and mighty oak have never quite adapted to the heat and fire smoke. It’s good to be the Blackside fitting in with nature’s plan where she selected colour for this masterpiece of land and blended it superbly with smokes of loving care for each country has its colour stark and strong and naked, bare. It’s good to be the Blackside even though external change we tallow-wood and ironbark are native, that’s our point: imported trees are alien and the fairest English rose even after generations still remains an English rose. It’s good to be the Blackside when there’s justice on our side empowered by the spirit and a firm and humble pride in being on the Blackside with nature and her might the Blackside is the rightside for this land: the colour’s right. LE VERSANT NOIR C’est bon d’être le Versant noir parce qu’on sait que dans ce pays l’arbre trempé par le feu survit quand les autres — l’if et les peupliers le sapin et les puissants chênes ne se sont jamais vraiment adaptés à la chaleur au feu et à la fumée C’est bon d’être le Versant noir en harmonie avec le désir de la nature quand elle a choisi la couleur de ce chef-d’œuvre de pays et l’a merveilleusement mêlée à des traits d’amour profond chaque pays a sa couleur inflexible et forte et nue, dépouillée. C’est bon d’être le Versant noir malgré les changements venus d’ailleurs nous eucalyptus bois de suif et écorces de fer sommes d’ici, c’est notre point de vue : les arbres importés sont étrangers et la plus belle rose anglaise même après des générations restera toujours une rose anglaise. C’est bon d’être le Versant noir quand la justice est là pour nous insufflée par l’esprit et cette fierté forte et humble d’être du Versant noir avec la nature et sa puissance le Versant noir est le juste versant car ce pays : le droit de la couleur. Kevin Gilbert, Le Versant noir, Le Peuple est légendes et autres poèmes, édition bilingue, Le Castor Astral, 2017, pp. 32-33-34-35. Traduit de l’anglais (Australie) par Marie-Christine Masset. Avant-propos d’Eleanor Gilbert. Introduction de Kevin Gilbert.
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| KEVIN GILBERT ![]() Source ■ Kevin Gilbert sur Terres de femmes ▼ → Le Versant noir (lecture de Joëlle Gardes) ■ Voir aussi ▼ → (sur le site des éditions Le Castor Astral) la fiche de l’éditeur sur Le Versant noir |
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