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RÉCIT VENU DU NORD
Du pays voisin du lac aux salamandres de piste en piste et d’une source vive à l’autre, à travers les langues et les signes, portant dans son rêve toutes les étapes de son voyage empruntées aux autres peuples, un homme est venu partager le feu, conter les mythes de sa tribu et entendre nos chants. Les pistes de son clan, orientées vers le nord, reçoivent les récits de ces contrées lointaines, les tissent et les transmettent aux saisons passagères. Ainsi, depuis l’invisible région, où la forêt gorgée d’eau emplit le ciel, où les oiseaux se parent des éclats de l’opale, d’un territoire à l’autre, de famille en tribus, un récit est descendu jusqu’à nous, enlacé dans les fils de l’histoire des peuples, porté par les enfants, les sages et les sorciers. Le récit dit que là-haut, une femme blanche vit près des rivages, adoptée par un clan. Qu’elle est venue des terres et non d’un bateau, qu’elle a appris les rites et engendré des enfants. Agnès Clancier, « Cohabiter la terre » in Outback, disent-ils, éditions Henry, Les Écrits du Nord, 2017, pp. 88-89.
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AGNÈS CLANCIER![]() Source ■ Voir aussi ▼ → (sur le site des éditions Henry) la fiche de l’éditeur sur Outback, disent-ils |
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