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[ÉCRIRE C’EST]
écrire c’est, je crois — venir muet sur ce territoire-là attendre que ces voix se révèlent pas à moi seulement mais c’est moi qui viens là pour les entendre c’est moi qui tente de leur faire de la place de leur rendre la parole qui mets mon attention à leur écoute le reste n’est qu’une histoire de place même ici la mienne comme la leur une histoire d’humilité et de priorité de sincérité simplement j’aime cette idée de parole rendue l’Ager Publicus de la langue belle en pâture en friche la belle jachère dont on fait les plus beaux bouquets de vivaces parfois mieux que des plantations nées de votre main je viens là faire paître mon troupeau — je suis à l’écoute j’écris l’impersonnel de nos vies nos beaux transports de l’intime un intime qui n’est pas le mien je suis cet homme dont l’attention, ici se traduit juste par l’écoute et la parole rendue un petit homme qui regarde les choses à la hauteur de ses yeux et qui le sait Manuel Daull, La Vie à l’usage, éditions LansKine, 2016, pp. 58-59-60.
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MANUEL DAULL![]() Source ■ Manuel Daull sur Terres de femmes ▼ → [je connais depuis longtemps la fragilité des hommes] (extrait de Fragiles ) ■ Voir | écouter aussi ▼ → (sur le site des éditions LansKine) la fiche de l’éditeur sur La Vie à l’usage → le site de Manuel Daull → (sur YouTube) Manuel Daull lit quelques extraits de La Vie à l’usage |
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